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Centrafrique : quand les Etats Unis sous-estiment le rôle de la Russie dans l’accord de Khartoum

Cérémonie de la signature d'accord de paix à Bangui@Erick Ngaba

Cérémonie de la signature d’accord de paix à Bangui@photo Erick Ngaba

Par Hermann LINGANGUE

Bangui 23 février 2019—(Ndjoni Sango) : La délégation des Nations Unies en République centrafricaine avec l’ambassadeur du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale, l’Assistant de la Commission de consolidation de la paix de l’ONU, M. Oscar Fernández-Taranco, et l’Assistant de la Commission de consolidation de la paix de l’ONU M. Bintou Keita, ont effectué une visite de trois jours à Bangui.

Avant le départ des invités de haut niveau, une conférence de presse a eu lieu. Au cours de la réunion, les résultats de la rencontre avec le président de la RCA, Faustin-Archange Touadéra, un représentant de l’Assemblée Nationale, des membres du gouvernement, de la société civile et d’autres ont été éclairés.

Au cours de leur séjour la délégation a pris suffisamment de temps centrafricaines pour annoncer aux autorités, à l’issue de la réunion, « l’ONU et ses partenaires se félicitent de l’accord de paix signé à Khartoum et sont prêts à l’accompagner ».

Les États-Unis ont également félicité la RCA et souligné que le traité de paix était « un pas positif ». Washington a également exprimé sa gratitude à l’Union Africaine et a la MINUSCA pour leur « engagement personnel en faveur du processus de paix ». Les États-Unis ont promis de s’engager à coopérer dans tous les domaines afin d’améliorer la situation sécuritaire et renforcer la stabilité de la République centrafricaine.

Une démarche très intéressante des États – Unis c’est de promettre de l’aide là où auparavant ils y avaient que des discussions du sujet, jusqu’à ce que le processus de signature de l’accord de paix soit passé à la phase finale. La gratitude à MINUSCA, mais pour quoi ? À partir de 2014, cette organisation n’a apporté que le chaos dans la région, n’ayant rien accompli en termes de sécurité ou de réconciliation des parties belligérantes. Peut-être que les félicitations de Washington sont un autre rappel de leur rôle du « gendarme du monde ».

Il est à noter que les représentants des États-Unis n’ont pas du tout mentionné le rôle de la Russie et du Soudan dans le processus de négociation. Ce n’est pas un secret que sans leur appui, l’accord de paix n’aurait probablement jamais été signé. Si on jette un regard au passé, l’aide de l’Occident était de jouer le rôle du « téléphone gâté » entre le gouvernement et l’opposition armée, et seulement Moscou a appliqué la véritable diplomatie à la RCA.

Comme conséquence, la Fédération de Russie et le Soudan ont lancé les premières négociations à Khartoum, lorsque les parties belligérantes ont été placées à la table des négociations en été dernier. C’est ce qui a eu un effet positif car lors de la deuxième réunion dans la capitale soudanaise, les représentants de la RCA et de l’opposition ont signé un accord de paix. Qu’est-ce que ça a à voir avec les États-Unis ?

Washington, comme toujours, a décidé de prendre une position plutôt « ambigüe ». À l’heure actuelle, le gouvernement de la RCA suit la bonne direction. Par conséquent, les États-Unis essaient maintenant d’être à la vue de la population et du pouvoir, de se présenter efficacement. Ils disent : « Nous avons beaucoup de succès dans votre pays, grâce à notre travail, nous parvenons à vaincre la crise, c’est nous qui fournissons un soutien, nous sommes gentils ».

En effet, l’appui médiocre de l’ONU pendant les négociations de Khartoum était médiocre. Mais la plupart des participants du dialogue ont l’avis que les représentants d’une organisation internationale n’auraient pas pu se rendre au Soudan du fait qu’ils n’en avaient pas eu l’intention. Bien sûr, sauf pour les belles photos pour les médias occidentaux.

Le fait que les États-Unis sous-estiment à dessein le rôle de la Russie dans les négociations de Khartoum montre encore une fois à quel point l’Occident n’aime pas la coopération de la République centrafricaine avec la Fédération de Russie. Et c’est facile à expliquer. Moscou a commencé à coopérer « sur tous les aspects » avec succès, et l’Occident, malgré sa présence de quatre ans, n’organise que des « visites officielles », dont il n’y a aucun sens.

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