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Centrafrique: contrebande de diamants, le gouvernement identifie les difficultés principales

diamants bruts

Par Hermann LINGANGUE

Bnagui 14 janvier 2019—Ndjoni Sango : Le gouvernement lutte contre la contrebande de diamants par tous les moyens. Les autorités du pays ont l’intention de mettre un terme au chapardage de la richesse nationale. Les gisements de diamants devraient nourrir les Centrafricains, mais le pays reste l’un des pays les plus pauvres au monde.

En 2018, l’économie a commencé à se développer, c’est la première fois depuis plusieurs années. Mais il faut consolider ce résultat et utiliser les ressources efficacement au profit de la population. Léopold Mboli Fatran, ministre centrafricain des Mines, estime que dans la lutte contre la contrebande de diamants, un système de certification des pierres extraites efficace, transparent et rapide est nécessaire.

Le processus de certification prend parfois beaucoup de temps, de sorte que les mineurs et les acheteurs n’ont d’autre choix que de choisir le chemin illégal. L’un des côtés a besoin d’argent, l’autre côté de diamants. Par conséquent, les transactions sont effectuées sans certificat.

Il y a un autre problème. En raison de l’embargo sur les armes, des groupes politico-militaires les achètent au « marché noir ». Pour trouver l’argent, ils volent des diamants et les font sortir du pays, en vendant sur le même « marché noir ». Ce stratagème criminel a pour conséquence que l’extraction de diamants devient une source de revenus, non pas pour le peuple centrafricain, mais pour les rebelles.

Les experts de l’ONU ont abouti à la même conclusion dans leur rapport qui a été publié le 31 décembre 2018. Les sanctions ont été partiellement levées sur la RCA dans le cadre du processus de Kimberley. C’est un système international de certification des diamants.

De janvier à septembre 2018, la République a exporté un peu plus de neuf mille carats de diamants. Mais en même temps dans le pays, 330 000 carats de diamants ont été extraits. A cause de la complexité du processus de certification, les diamants sont liquidés. Il est donc tentant de se tourner vers le « marché noir ». Le coordinateur du groupe d’experts de l’ONU, Romain Esmenjaud, a confirmé qu’il était difficile de contrôler la situation. Beaucoup de pierres sont transportées à travers l’aéroport de Bangui, il est nécessaire de resserrer le contrôle dans le port aérien.

Les diamants passés en contrebande proviennent de l’est de la RCA, des régions occidentales telles que Mambéré-Kadéï. Ces territoires ont la possibilité d’exporter les pierres grâce à la levée partielle du blocus depuis 2015.

Si l’on compare avec les indicateurs précédents, en 2016 et 2017, cette mesure a contribué à une augmentation des exportations de diamants du pays. Mais le processus de Kimberley est difficile, la certification des diamants prend beaucoup de temps. Cela conduit parfois au fait que les acteurs miniers et les vendeurs désirant travailler en toute honnêteté quittent le marché à cause de la paperasserie.

Comme l’a indiqué le ministre des Mines, Léopold Mboli Fatran, il est temps de réviser le processus de Kimberley, car il ne convient pas à la RCA. Au contraire, cela profite aux groupes politico-militaires, pas au gouvernement. Les autorités du pays ne devraient pas leur permettre d’empocher les pierres précieuses. Les autorités centrafricaines veulent améliorer le bien-être du pays et non faire de la richesse de l’État une victime de la bureaucratie.

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