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Centrafrique: après la tentative d’un génocide échoué, l’armée française se retire

sangaris-bangui

Par Eric NGABA

Bangui 03/11/16 (Ndjoni Sango.net) : venue par la grande porte en mission d’opération  militaire de courte durée en Centrafrique comme une puissance militaire internationale, l’armée française de l’opération Sangaris s’en va. Après une tentative de génocide échoué, elle se retire par la petite porte du pays de feu Barthélémy Boganda, président fondateur  tragiquement disparu par la France de Charles de Gaule en 1959. Quel souvenir peut-on tiré de cette maudite opération Sangaris? L’instrumentalisation de violences entre les groupes armés et les communautés, abus et exploitation sexuelle, la zoophilie, la tuerie des civiles et pillages des diamants bruts entre autres résument l’essentiel de ce que l’armée française a laissé comme mauvais souvenir en Centrafrique.

«Un peuple conscient ne saurait confier la défense de sa patrie à un groupe d’hommes quelles que soient leurs compétences. Les peuples conscients assument eux-mêmes la défense de leur patrie», c’était en ces termes que préconisait l’ex président Burkinabé feu Thomas Sankara qui avait compris, comme un bon leader, la nécessité de la sécurité propre d’un Etat souverain à travers ses propres forces armées. C’est ce qui doit interpeller le peuple centrafricain sur la question de sa sécurité hypothéquée par les oiseaux de mauvais augure. Cette boutade de Thomas Sankara fait réfléchir sur l’intervention des forces internationales qui ajoute le malheur sur malheur dans un pays où elles sont déployées. L’opération française Sangaris a incarné les mésaventures de l’intervention des forces étrangères en République Centrafricaine.

En effet, l’armée française de l’opération Sangaris a été déployée en République Centrafricaine, le 5 décembre 2013, par le président français François Hollande sous les bannières du Conseil de Sécurité des Nations Unies afin d’empêcher les tueries, de désarmer les groupes armés et protéger les civils. Quelques jours après son déploiement en Centrafrique, l’armée française a entamé le désarmement des ex-combattants de l’ex coalition rebelle de la Seleka. Tout était parti des tentatives du désarmement des éléments de la seleka par les forces françaises de l’opération Sangaris. Il s’en est suivi des violences intercommunautaires orchestrées par l’armée française juste pour envenimer la crise dans le pays afin de justifier sa présence. On parlait du pré-génocide sur la situation que connaissait le pays.

L’armée française de l’opération Sangaris a reçu son cout en Centrafrique à travers l’avènement des Antibalaka. Dans un premier temps, la France a armé les rebelles de l’ex coalition seleka pour faire partir par la force François Bozizé, un Général d’armée manqué de vison, du pouvoir en mars 2013. Une fois au pouvoir après avoir chassé le général Bozizé du pouvoir, les rebelles de la seleka régnaient en maître absolu mettant le pays à feu et à sang. Des exactions et des graves violations des droits de l’homme sont commises par les escadrons de la mort de la seleka sur les populations civiles.

Exaspérés par ces actes criminels des hommes de la coalition séleka au pouvoir, les paysans se sont constitués en un mouvement de résistance dénommé Antibalaka afin de défendre leurs régions et les biens de leur communauté. Pour récupérer la situation, la France s’est servi des combattants Antibalaka afin de chasser la seleka du pouvoir.

Le 5 décembre 2013 au moment où le Conseil de Sécurité des Nations Unies a voté une résolution donnant mandat à l’armée française Sangaris d’intervenir en Centrafrique, la France poussé les Antibalaka a lancé des attaques d’envergures dans la ville de Bangui contre les dispositifs des combattants séléka lourdement armés. Les Antibalaka ayant reçu le soutien de l’armée française Sangaris, ont commencé des exactions à leur tour.  Bangui, la capitale centrafricaine a connu un bain de sang ce jour, poussant le Conseil de Sécurité a vite donné mandant à la Sangaris d’intervenir.

Dès les premières opérations de désarmement des combattants selaka par les soldats français de la Sangaris, la confusion s’est installée entre les communautés dans le pays conduisant aux violences inter-communautaires.

 » Au début, l’opération Sangaris a suscité une lueur d’espoir à tout Centrafricain épris de paix. Mais dommage que les Sangaris ont officieusement un agenda caché qui nous a envenimés dans cette crise jusqu’alors et on continue de pleurer et enterrer des morts, faute de cette dérive sangariste qui n’a pu désarmer tous les groupes armés qui pillaient, tuaient, vandalisaient au vu et su des Sangaris qui n’agissaient. L’opération Sangaris est un fiasco du fait qu’elle a failli à ses missions de protections de biens et des personnes selon la résolution 2121 et 2127. Les groupes armés sont transportés par les Sangaris pour se déplacer à l’intérieur du pays ou pour assister à leur congrès. On ne sait plus à quel jeux joue la France après qu’elle a reçu à faire partir Michel Djotodia comme elle le souhaitait officieusement au début de son intervention en ne soutenant qu’un groupe armé au détriment de l’autre », s’est indigné, Alabira Louqman, un citoyen centrafricain d’obédience musulmane ayant fui les violences à Bangui, contacté par la rédaction.

Tout laisse croire que les violences déclenchées le 05 décembre 2013 à Bangui la capitale centrafricaine, étaient une orchestration de la France pour inciter le Conseil de Sécurité des Nations unies à donner mandat à la force française de l’opération Sangaris afin de pouvoir intervenir en urgence en République centrafricaine. La Sangaris a incité les Antibalaka à s’attaquer aux combattants seleka conduisant le pays dans un bain de sang.

« Les soldats français de Sangaris nous ont instruits de nous rendre à Bangui pour déloger les combattants seleka avec leur chef Michel Djotodia. Le rendez-vous a été donné tôt le matin sur la colline Base-oubangui pour nous réarmer afin de lancer une attaque générale sur toutes les positions des éléments seleka. Mais arrivée sur les lieux de rendez-vous aux heures indiquées, nous avons attendu en vain l’arrivée de force sangaris qui devait nous réarmer. D’emblée, nous nous sommes rendus compte que les français nous ont piégés, et donc nous étions obligés de passer à l’action avec les moyens de bord car nous ne pouvions par faire repli. Il nous fallait éliminer un élément seleka afin de nous emparer de son arme « , a témoigné un ex élément Anti-balaka sous couvert d’anonymat.

Mais que s’est-il réellement passé ?

C’était au vu et su de la population civile que les soldats de la Sangaris débutaient le désarment des combattants de la seleka dans la capitale. Les soldats français qui arrivaient au domicile des combattants seleka cohabitant avec les civils musulmans, laissent les éléments désarmés avec toute leur famille à la merci des foules nourries d’esprits de vengeance.

Ainsi, des civils musulmans ont subi des verdicts populaires au vu et su des soldats français qui les laisser subir des  lynchages en public par des foules en représailles des exactions commises par les combattants seleka contre les civils non musulmans. La situation qui a emmené les chefs d’Etat de la sous-région de l’Afrique centrale de contraindre l’ex président issu de la coalition seleka, Michel Djotodia à la démission.

Aujourd’hui après avoir contribué à l’effondrement, l’armée française de l’opération Sangaris qui a semé la confusion entre les communautés et joué au pyromane et au pompier, se retire. Elle a lancé sur son passage, des bavures, des cicatrices dans la chère des citoyens centrafricains.

Une poursuite judiciaire, à vrai dire, devrait être lancée par la justice centrafricaine pour des bavures commises par les soldats français dans le pays, notamment sur les actes de viol sur mineurs. La zoophilie, les viols et abus sexuels commis par l’opération Sangaris ne doivent pas demeurer impunis car il faut garantir les droits des victimes.

350 soldats français de la vont être reversés dans la Mission onusienne (Minusca) dans le pays. Ça sera d’infecter la Minusca qui a aussi causé des tors aux populations centrafricaines exaspérées par ambiguïté de cette mission onusienne. C’est du bonnet blanc, blanc bonnet que les autorités centrafricaines doivent chercher à mettre opérationnelles les forces armées nationales tant demandées par la population.

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