Entrez vos mots clés de recherche et appuyez sur Entrée.

Centrafrique : l’ONU exploite les supercheries de la France pour décider du sort de la RCA

Francois-Hollande

Le Président français François Hollande

Ndjoni Sango (Bangui 29-07-16) :

Par Eric NGABA

La République centrafricaine est devenue en un laps de temps, un creuset de toute supercherie fomentée par les puissances mondiales. Cette duperie est caractérisée par les injonctions de la France faisant de ce pays victime de multiples crises politico-militaires depuis son accession à l’indépendance. Les différentes résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies sur la Centrafrique sont l’émanation des supercheries de la France qui cherche toujours à maintenir la République centrafricaine dans la situation de dépendance.

Rien de surprenant si les multiples résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies adoptées sur la Centrafrique continuent d’accoucher que de souris. Le Conseil de Sécurité des Nations Unies vient d’adopter une nouvelle résolution prolongeant le mandat de la Minusca jusqu’à novembre 2017. Cette résolution 23.01, il est recommandé une approche multidimensionnelle avec trois principaux piliers à savoir un dialogue politique national sans exclusive ; le DDR, la Réforme du secteur de sécurité et la promotion de la réconciliation ainsi qu’une assistance au Gouvernement en matière de justice et de lutte contre l’impunité.

L’objectif principal du nouveau mandat est de réduire durablement la présence de groupes armés et la menace qu’ils représentent. Il n’est pas surprenant sur cette résolution a été adoptée en unanimité par tous les membres siégeant au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Car la nouvelle résolution est un projet monté par la France qui l’a soumis à l’adoption du Conseil de Sécurité qui s’en sert pour décider le sort de la situation en République centrafricaine à travers la Minusca. Lors de sa conférence de presse hebdomadaire du 27 juillet 2016, le Porte-parole de la Minusca Vladimir Moteiro a présenté à la presse la nouvelle résolution adoptée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies.

« La résolution 2301 appelle à un dialogue politique inclusif et surtout au désarmement, conformément aux Accords de Bangui et de Brazzaville. La Minusca mènera ses tâches avec diligence, détermination et esprit de sacrifice pour que le pays puisse renouer avec la stabilité et créer un environnement propice à la croissance et au développement au profit de la population », a-t-il martelé.

Curieusement, cette résolution est un pur produit de la France qui a tout taillé afin que le Conseil de Sécurité exploite pour décider du sort de la République Centrafricaine. A vrai dire, rien de particulier dans la résolution nouvellement adoptée le 26 juillet 2016 que les résolutions précédentes, si ce ne sont que des petits arrangements des dispositions et le prolongation du mandat de la Minusca.  C’est ce qui prouve à suffisance que ces différentes résolutions ne cadrent souvent pas à la réalité centrafricaine au regard de la gravité de la situation à la fois sécuritaire et humanitaire qui perdure dans le pays. La façon dont les résolutions sont élaborées sur le cas de la Centrafrique ne favorise pas la tâche à la stabilisation du pays.

La protection des civils, une équation à multiples inconnus

La protection des civils prônée par la Mission onusienne en Centrafrique demeure une équation à multiples inconnus si bien que le taux des personnes déplacées à l’intérieur du pays ou réfugiées dans les pays limitrophes qui ne cesse d’accroitre donne une idée sur l’inaction de la Minusca dans la protection des civils. Or, la résolution 2301 adoptée mardi dernier par le Conseil de sécurité des Nations Unies et qui proroge le mandat de la Minusca jusqu’au 15 novembre 2017, maintient la protection des civils au cœur du mandat de la Mission.

Cette résolution décide que la Minusca comporte les tâches prioritaires urgentes entre autre à recenser et signaler les menaces et les attaques dirigées contre des civils, mettre en œuvre des plans de prévention et d’intervention, et renforcer la coopération civilo-militaire. C’est également prévu d’accorder une protection particulière aux femmes et aux enfants touchés par le conflit armé.

Le rôle ambigu de l’opération Sangaris

Dans cette nouvelle résolution, il n’est pas clairement défini la présence des forces françaises de l’opération de Sangaris, alors que le président français François Hollande a annoncé à plusieurs reprises la fin de la mission Sangaris en terre centrafricaine. Or, c’est le Conseil de Sécurité des Nations Unies qui a donné mandat aux forces françaises d’intervenir en urgence en Centrafrique, le 5 décembre 2013 où le pays sombrait dans le chao à suite de la prise de pouvoir par la nébuleuse rébellion de la seleka.

 De la surprise de plus d’un, c’est le président français qui met fin à l’opération Sangaris qui, malheureusement, a fait la pluie et le beau temps dans le pays. Une véritable Ironie du sort qui laisse une zone de nuage ! Le 18 juillet dernier, la société civile centrafricaine dénonce la complicité de la France à travers l’opération Sangaris qui, selon le Coordonnateur du groupe de travail de la société civile Gervais Lakosso, continue de cultiver le flou dans sa mission en Centrafrique.

De ce fait, elle exige à la France de retirer sans conditions et sans délais toutes forces de l’opération Sangaris sur le territoire centrafricain. Dans le même ordre d’idée, la Plateforme pour la  Participation Politique de la Femme Centrafricaine à la Consolidation de la Paix  sous le sigle « G23 » demande purement et simplement le départ de la Sangaris du territoire centrafricaine, lors d’un point de presse tenu le 7 octobre 2015 à Bangui.

Il est une nécessité impérieuse pour les autorités centrafricaines démocratiquement élues de revoir et discuter de différents mandats des forces internationales en Centrafrique sur certains points qui contrarient la réalité de la situation du pays.

@Copyright/Ndjonisango

Commentaires

commentaires