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La Centrafrique victime abusée d’un embargo abusif des Nations Unies

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Photo de famille, les FACA et les forces internationales/@Minusca

Par Eric Ngaba

Bangui 04/02/17 (www.ndjonisango.net): Le Conseil de Sécurité des Nations Unies vient de proroger jusqu’au 31 janvier 2018 l’embargo sur les armes à destination de la République Centrafricaine. Cette décision est prise alors que le pays espère sur ses forces nationales pour se relever après plusieurs années de crise militaro-politique. De l’avis des Centrafricains, l’embargo sur les armes ne peut se justifier du fait que les forces non conventionnelles sont surarmées pendant que les forces gouvernementales sont dépourvues de moyens qu’il faut pour assurer leur mission régalienne.

La République Centrafricaine est de nouveau sanctionnée par le Conseil de Sécurité des Nations Unies et ne peut se doter en moyens militaires. La décision de prorogation de l’embargo des armes en destination du pays a surpris plus d’un. C’est tout un sentiment de frustration que l’on ressent auprès de la population centrafricaine. Beaucoup de Centrafricains estiment que cet embargo est une sorte de punition sévère à l’égard de la République Centrafricaine. Car visiblement, c’est l’armée nationale tant réclamée par la population, qui en fait frais.

L’embargo sur les armes imposées sur la République Centrafricaine a véritablement mit les bâtons dans la roue aux autorités centrafricaines de remettre sur pied les forces nationales. Or les autorités centrafricaines espèrent une levée partielle sur les armes afin d’outiller les éléments des FACA formés par la Mission européenne EUTM, en moyens militaires. Comment peut-on justifier cet embargo abusif du moment où les rebelles sont surarmés et continuent de se ravitailler en armes par tous les moyens ?

Le trafic d’arme est une monnaie courant dans le pays pendant que les forces gouvernementales sont dépossédées d’armes. Du moment où l’embargo pèse sur l’armée nationale, les groupes armés actifs dans le pays continuent de terroriser les populations malgré la présence des forces onusiennes. Cette posture va de la souveraineté de la République Centrafricaine en matière de sécurité.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies à travers son comité de sanction n’a pas recueilli l’avis du peuple centrafricain pour décider de la prorogation de cet embargo. De multiples recommandations ont été faites par des organisations de la société civile centrafricaine et  par des parlementaires pour demander la levée de cet embargo afin de réarmer les forces nationales capables d’assurer la sécurité des populations.

Interrogé sur la question, le Générale Balla Keïta, Commandant de la Force Minusca, a évoqué la persistance de la violence armée dans le pays. « L’objectif de l’embargo c’est de contrôler les vagues de violence tout en contrôlant les instruments de la violence. On le met sur un pays c’est pour que tous ce ceux qui s’impliquent dans la violence soient contrôlés de leur manière de se réarmer en armes. Donc, il faut couper le ravitaillement pour contrôler les violences dans le pays. Mais si le pays a besoin d’un accompagnement, le Conseil de Sécurité a un Comité qui envoie ses experts dans le pays pour constater les faits afin de prendre des mesures d’ajuster cet embargo », a expliqué le Générale Balla Keïta.

Le gouvernement centrafricain n’a pas rassuré la population sur cette décision alors que dès sa nomination dans le gouvernement issu des urnes, le ministre de la défense nationale  Joseph Yaketé  a promis une offensive diplomatique pour aboutir à la levée de l’embargo.  S’exprimant au micro de la Voix d’Amérique, le ministre Joseph Yaketé  a évoqué des alternatives pour réarmer les forces de défense et de sécurité centrafricaine.

« C’est un coup dur pour notre pays en même temps, c’était prévisible. L’expérience nous montre que partout où il y a eu l’embargo sur l’importation des armes, l’embargo a toujours été levé de façon progressive. Je suis aussi satisfait d’un aspect : si aujourd’hui nous nous répondons à un certain nombre de critères définis par le comité de sanctions, nous avons la possibilité de nous procurer l’armement qu’il faut pour équiper nos soldats qui ont fini leur formation » a-t-il affirmé.

Le gouvernement centrafricain doit se montrer souverain vis-à-vis du Conseil de Sécurité pour allégir ct embargo abusif. En 2014, pour le rappeler, le conseil de sécurité de l’ONU a imposé un embargo sur les armes à destination de la République Centrafricaine alors que le pays était en proie à des violences armées suite à la prise de pouvoir par l’ex coalition rebelle de la Seleka en mars 2013.

eric-ngaba-docxL’identité de l’auteur de l’article 

« Eric NGABA, journaliste de formation à l’université de Bangui/Centrafrique. Licencié en journalisme et rédacteur dans plusieurs organes de presse, il est le Directeur de Rédaction de ce site d’information: http://www.ndjonisango.net « 

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