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La Centrafrique, victime d’un embargo abusif sur les armes

Le président Touadera en revue de troupes au camps kassaï à Bangui

Par Mamadou NGAÏNAM

Bangui 12 février 2018 (Ndjoni Sango) : L’histoire de l’embargo sur les armes en semble devenir un business, sinon de la mafia internationale en République Centrafricaine. Depuis l’imposition de l’embargo sur les armes dans en Centrafrique en 2013, ce pays ne cesse de subir le renouvellement de ces mesures sans que les gouvernants lèvent un petit doigt pour dénoncer. Alors qu’au Soudan, l’opposition, le gouvernement et la société civile ont protesté la semaine dernière l’embargo sur les armes imposé par les Etats Unis.

« Amérique, mêle-toi de tes affaires, mets fin à l’embargo sur les armes« , arboraient sur des pancartes les manifestants au Soudan du sud qui ont dénoncé l’embargo. En effet, les Etats Unis ont interdit les exportations d’armes et d’équipements militaires au Soudan du Sud, afin d’exhorter le président sud-soudanais Salva Kiir à mettre fin à la guerre civile qui ravage le pays depuis quatre ans.

Soudain, la semaine dernière, une vague de protestations s’en est suivie pour dénoncer cette mesure jugée injuste. Des centaines de manifestants se sont réunis devant l’ambassade américaine et le siège des Nations unies au Soudan du Sud, pour protester contre cet embargo sur les armes imposé par les Etats-Unis.

Les opposants ont déposé une pétition aux Nations unies, félicitant la Chine  qui a beaucoup investi dans l’industrie pétrolière du pays  et la Russie, les qualifiant de « vrais amis » du Soudan du Sud.

En République Centrafricaine, c’est tout le contraire. L’embargo qui a été imposé depuis 2013 à la suite de coup d’Etat de l’ex coalition Seleka par le Conseil de Sécurité des Nations Unies, n’a jamais fait l’objet d’un grand débat. La société civile qui a, pour sa part, tenté de dénoncer se bute souvent aux sanctions des régimes politiques qui se succèdent depuis la période de l’imposition de l’embargo.

C’est souvent un sentiment de frustration que l’on ressent auprès de la population centrafricaine qui estime que cet embargo est une sorte de punition sévère à l’égard de la République Centrafricaine. Car visiblement, c’est l’armée nationale qui paie la lourde tribu au détriment des groupes armés qui ne s’empêchent de se ravitaillement en armes de guerre.

Le gouvernement centrafricain ne se prononce jamais sur la décision du Conseil de sécurité de l’ONU à propos des armes à destination de la République Centrafricaine. Bien qu’il existe des alternatives pour réarmer les forces de défense et de sécurité centrafricaine, comme le cas de l’appui militaire de la Russie, l’embargo demeurent, pour la compréhension de population, une sanction qui fait de ce pays une victime.

L’embargo sur les armes imposées sur la République Centrafricaine a véritablement mit les bâtons dans la roue aux autorités centrafricaines de répondre aux attentes de la population quant au déploiement des forces nationales sur les théâtres d’opérations.

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