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Les parlementaires français contre l’ingérence militaire au Tchad

Par François DERMACO

Un soldat tchadien et un soldat français

Paris 15 octobre 2019—(Ndjoni Sango) : Lors d’une dernière session, les membres de l’Assemblée nationale de France ont protesté la décision des autorités de verser 2.7 millions euros au gouvernement du Tchad. Le 4 septembre 2019, les gouvernements de deux pays ont signé 6 accords portant sur le partenariat militaire.

Idriss Déby bénéficie ainsi de l’apport de la France qui concerne l’oganisation des forces de sécurité tchadiennes, le renseignement militaire et la garde nomade nationale. Cependant, selon les membres accusateurs, la décision sur l’appui financier avec des moyens provenant du budget d’Etat a été prise sans consultations auprés du parlement national.

François Ruffin, journaliste et député de l’Assemblée nationale, désapprouve non-seulement les financements octroyés aux forces tchadiennes, mais aussi l’appui militaire destiné au président de ce pays africain. Pour Raffin, le soutien de Parisvise à renforcer le régime du président qui est au pouvoir depuis plus de 30 ans.

« Chez nous le président passe : Mittérand, Chirac, Sarkozy, Hollande et désormais Emmanuel Macron. Là-bas depuis 1990, un seul président demeure. Et c’est la même politique qui se poursuit entre nos deux pays, pour assurer, dit-on, la stabilité de la région. Mais la stabilité dans la région se confond, semble-t-il, dans nos esprits, dans ceux de diplomates avec la stabilité du président », souligne Ruffin.

En effet, la France a intervenu en 1990 dans les affaires intérieures du Tchad pour la mise au pouvoir de Déby, en éliminant son opposant Hissène Habré. En 2006, lorsque des groupes installés dans le nord du pays entrent à Ndjamena, les troupes françaises tirent sur eux et les chassent de la capitale.

En 2008, une rébellion envahit le pays et le pouvoir est presque renversé. Mais c’est à nouveau la France qui envoie ses troupes pour régler la situation. Durant la même période, le leader de l’opposition, démocrate et anciennement professeur à l’Université d’Orléans Omar Mahamat Saleh se fait enlever de son domicile par la garde présidentielle et on ne l’a jamais revu depuis.

En 2019, la France fait une attaque aérienne contre une colonne de l’Union de forces de résistence dans le nord du Tchad. Ainsi, tout élément d’opposition se fait éliminer par Paris afin que le régime d’Idriss Déby soit sauvé, malgré des réclamations des organisations humanitaires contre l’ingérance française dans les affaires tchadiennes.

«En 2018, le président a modifié la constitution pour s’assurer 12 années de plus au pouvoir soit jusqu’au 2033. Cette nouvelle constitution supprime également le premier ministre. Comme le note le rapport, les évêques, l’opposition, la société civile, tous se sont opposés à cette nouvelle constitution. Disons le franchement, nous appuyons une dictature, la pire dictature du continent », conclue Ruffin.

Avec ce changement de législation et un appui en illimité de Paris, Idriss Déby pourra nommément garder à vie son pouvoir. En même temps, les décisions radicales comme la coupure des réseaux sociaux en 2018 ou la suppression du système électoral étouffent la population tchadienne qui vit dans une pauvreté inouïe. 3

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