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Centrafrique : fermée pour non-paiement des impôts, la SUCAF plaide pour son personnel en chômage

les cadres de la SUCAF de lors de la conférence de presse@Erick Ngaba

Par Erick NGABA

Bangui 8 juillet 2018-Ndjoni Sango : La Sucrerie centrafricaine, l’unique société de production du sucre en République centrafricaine, a été fermée le 28 juin dernier par les services de l’impôt. S’élevant à plus de 300 millions de Francs CFA, la SUCAF se dit être dans la légalité à travers un compromis relatif à la nouvelle loi des finances 2018 ayant augmenté le TVA de la société du 5% à 19%.

La loi des finances de la République centrafricaine, adoptée en décembre 2017 par le parlement, a revu en hausse le TVA de la SUCAF, de 5% à 19%. Un compromis a été fait entre le gouvernement et la SUCAF pour permettre à la société citoyenne centrafricaine d’épuiser les stocks de ses produits de l’année dernière en ne versant le TVA qu’avec le taux de 5%.

A la surprise des cadres et employés de la société, les services de l’impôt sont passés mettre les clés aux portes de la SUCAF. Se souciant de ses nombreux employés, par ailleurs pères des foyers, la SUCAF plaide pour l’avenir du personne en chômage et de la carence du sucre pour les consommateurs.

« C’est depuis le 28 juin dernier que les agents de l’impôt sont venu fermer l’usine de conditionnement et le dépôt de stock du sucre de la SUCAF. Tout a commencé le 2 janvier où la loi des finances a révisé à la hausse le taux de TVA à 19%. Entre temps, en 2017, la SUCAF bénéficiait d’un abattement de taux TVA à 5%. C’est juste un problème de malentendu et d’incompréhension. La SUCAF continuait de payer le TVA à 5%. Les agents de l’impôt sont tombés dessus et voilà ils ont fermé l’usine », a expliqué le Directeur de site de la SUCAF de Bangui, Martin Akem.

Plus d’une semaine, les employés de la société sont en chômage. Cette situation impacte négativation sur le personnel de SUCAF qui se trouve dans l’incertitude. Sur son site, la société a environ 100 employés permanents, 800 employés journaliers, 300 environ employés saisonniers.

« Il y a au moins 1000 personnes qui travaillent sur le site de la SUCAF. Et quand vous impactez sur les familles, cela fait peut-être 3000 à 4000 personnes. Et sur le site à Ngakobo, il y a environ 10000 déplacés issus de conflit depuis 2013 sur le site », a expliqué Emmanuel Ouamo, Directeur du site de la SUCAF de Ngakobo.

Face à cette situation, la SUCAF menace de mettre personnel en chômage technique. D’après le Chef de service des ressources humaines de la SUCAF, Flavien Nzapaozo, cette mise en chômage technique des employés permet à la société de réduire ses charges faute de ressources financières.

« La société a pour objectif de tirer de profit. Si elle ne vend pas, elle ne va pas avoir des ressources pour supporter certaines charges. Aujourd’hui, la SUCAF envisage de diminuer le maximum de ses charges y compris la mise en technique de l’ensemble de son personnel de Bangui comme de Ngakobo. Voilà, l’emploi de l’ensemble des employés est en danger qu’il faut sauver », a indiqué le Chef de service des ressources humaines.

Quand les employés de la société seraient en chômage technique, ce sont de nombreux de foyers qui sont pénalisés et qui ont fait frais. Les délégués du personnel de la société souhaitent une solution rapide de la part du gouvernement et de la société.

« Vue la situation qui se présente en ce moment, la délégation du personnel souhaite qu’il y ait une solution rapide. Parce que là, la maison est fermée et on ne sait dans quelle situation nous nous trouvons aujourd’hui. Si nous ne travaillons pas, comment nous allons faire face à nos charges sociales. Le personnel de la SUCAF souhaite à ce qu’il y ait une solide rapide à ce problème pour que nous puissions vaquer à nos occupations », a plaidé Reine Sonia Bambou, déléguée du personnel de la SUCAF.

A en croire Martin Akem, Directeur du site de la SUCAF à Bangui, des discutions sont en cours avec le gouvernement afin de décompter cette situation. Mais entendant, les employés de la société sont dans l’ambiguïté.

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