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Centrafrique : les Seleka s’érigent en autorité de l’etat à Kaga-Bandoro

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Les rebelles de la seleka

Ndjoni Sango (Bangui 20/07/16) :

Par Eric NGABA

L’autorité de l’Etat en RCA est encore loin de se concrétiser dans une bonne partie du pays. Visiblement et contrairement au discours du politique, l’autorité de l’Etat n’est perceptible que dans une partie du pays car leterritoire national  est morcelé par les bandits armés qui s’érigent en lieu et place de l’Etat. Le cas de la ville de Kaga-Bandoro au Nord-est, à environ 380 km de la capitale, en est une illustration.

La République Centrafricaine n’est pas encore prête de sortir de bourbier où il s’est enfoncée en dépit de la brillante élection du président Faustin Archange Touadera ayant permis le retour à l’ordre constitutionnelle. L’autorité de l’Etat demeure un défi pour les nouvelles autorités issues des urnes qui doivent s’investir afin d’assoir la présence de l’Etat sur toute l’étendue du territoire. A Kaga-Bandoro, les rebelles de la seleka règnent en maître absolu et contrôlent tout et s’érigent en autorité de l’Etat au vu et au su des casques bleus de la Minusca notamment le contingent Pakistanais qui les laisse faire.

La gendarmerie, la police et la douane, la mairie sont entre autres les institutions de l’Etat qui demeurent sous contrôle des bandits armés de seleka. Aucune autorité de l’Etat n’est visible dans cette ville riche en ressources naturelles, un véritable manque à gagner pour l’Etat centrafricain au profit des extrémistes armés qui s’en font du beurre. Les sources locales évoquent des dizaines de milliards de FCFA comme recette mensuelle que se partagent les chefs des fractions seleka dans la localité de Kaga-Bandoro où ces bandits de grands chemins institutionnalisent le pillage de ressources naturelles. Le grand parc de bétail qui devrait générer des sous à la caisse de l’Etat profite à l’enrichissement des hors-la-loi de seleka qui, à défaut de la présence de l’Etat, ont créé des structures pour contrôler l’économie de cette localité.

Dans son discours des cents jours de la gestion du pouvoir, le président de la République a parlé d’une montée en puissance des capacités opérationnelles des forces de sécurité intérieure. Mais dans le vécu quotidien de la population, cette montée en puissance reste à un niveau.

« La Gendarmerie et la Police ont connu une montée en puissance de leurs capacités opérationnelles, grâce au déploiement des Gendarmes et Policiers dans certaines villes de province, à savoir Bambari, Boda, Bria, Ndélé, Bozoum, Paoua, Carnot, Gadzi, Bocaranga, Bossangoa et Koui », a martelé le président Faustin Archange Touadera.

Les forces de sécurité intérieure ne sont seulement que dans les 11 villes du pays, ce qui prouve à suffisance que l’autorité de l’Etat a du plomb dans l’aile. L’on note que les autres villes sont abandonnées au profit des hors-la-loi qui dictent la loi de Talion aux populations sous leur emprise. Même dans les 11 villes citées par le président Touadera, les forces de sécurité intérieure ne sont pas manu militari équipées comme il se doit. Ni un moyen roulant, ni moyen de défense pour faire face aux menaces des hors-la-loi surarmés, les éléments de la gendarmerie nationale et de la police font un sacrifice non injustifiable.

D’après le chef de l’Etat, 96 Brigades de Gendarmerie sur les 122 sont déjà opérationnelles. Cette opération, a-t-il renchéri, doit s’étendre petit à petit à d’autres villes de provinces, sur la base d’un plan prévisionnel. Cette opérationnalisation n’est que superficielle, cela ne donne aucune teinture visible de l’autorité de l’Etat proprement dite. Kaga-Bandoro, un manque à gagner pour l’Etat que le gouvernement Sarandji et Touadera doit se réveiller.

Eric NGABA/@Copyright: Ndjoni-Sango

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