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Viol d’enfants centrafricains, les ONGs des droits de l’homme dénoncent le non-lieu de la justice française

Un soldat français avec des enfants centrafricains

Par Erick NGABA

Bangui 20 janvier 2018 (Ndjoni Sango) : Les organisations des droits de l’homme en République expriment leurs profondes indignations contre la décision de la justice française sur l’affaire de viols d’enfants impliquant les soldats français de l’opération Sangaris. Dans les interviews réalisées notre rédaction de Ndjoni Sango, elles ont  de part et d’autres dénoncé cette décision qui a innocenté les soldats français présumés coupables  de viols d’enfants en République Centrafricaine.

Dans ses réquisitions, le parquet en charge de cette affaire a déclaré que les incohérences et la variation des témoignages ne permettent pas, d’après lui, d’établir des faits circonstanciés et étayés à l’encontre des militaires français. A l’annonce de cette décision, la société civile centrafricaine se dit profondément choquée.

Interrogée par Ndjoni Sango, le président de l’ONG dénommée Centre de Promotion et de Défense des Droits de l’Enfant (CPDE), a insisté que la justice doive être rendue et une réparation complète en faveur des victimes.

« Je suis très déçu de cette décision. Les victimes méritent mieux que ça. Comment ils ont rassemblé les preuves on ne sait rien. Nous insistons à ce que la justice soit faite et une réparation complète en faveur des victimes. Je suis complexé par rapport au silence du gouvernement centrafricain. Comme si le gouvernement abandonné ses concitoyens à la Mercie de leurs bourreaux. Nous attendons avec impatience la décision de la justice française suite à l’appel de la partie civile » s’insurge Remy Djamouss, Président de l’ONG Centre de Promotion et de Défense des Droits de l’Enfant (CPDE).

Les réquisitions de la justice française laissent perplexe les journalistes des droits de l’Homme en République Centrafricaine. Pour le Réseau des Journalistes des Droits de l’Homme (RJDH), la société civile centrafricaine et le gouvernement doivent se rattraper pour ne pas que cette affaire reste impunie 

« C’est une décision de honte pour la justice française, un pays qui défend les droits de l’homme. Je n’approuve pas cette décision en tant que défenseur des droits de l’homme. La décision du tribunal français est en quelque sorte une insulte à l’égard des victimes qui ont espéré en justice française une réponse à leur douleur. Je dirais aussi que c’est de la tristesse constatée du côté de la justice centrafricaine qui avait rassuré les victimes de viol par les soldats français. Le gouvernement centrafricain a rassuré que le parquet de Bangui allait se constituer en partie civile pour poursuivre les présumés auteur. Nous avons aujourd’hui une grande désolation mais il faut que la société civile centrafricaine et aussi le gouvernement se rattrapent sur cette affaire qui doit pas rester impunie », déplore Fridolin Ngoulou, membre du Réseau des Journalistes des Droits de l’Homme.

Par ailleurs, en dénonçant cette décision jugée honteuse, la Coordination de l’ONG FLEDA prévoit des actions à mener.  

« Je suis extrapolé ment déçu de la décision de la justice française sur les cas d’abus sexuel et de viol sur mineurs commis par certains soldats français de la mission Sangaris. Et pire encore, nous dénonçons de vive voix le silence de nos dirigeants face à cette décision honteuse et humiliante pour notre beau pays. Les nombreuses actions sont prévues par la FLEDA dans les jours à venir », s’indigne Richard Ngakoutou.

Le gouvernement centrafricain par le truchement de son Porte-parole, Ang Maxim Kazagui, déplore cette décision. Il se dit confiant quant  à l’action de la partie civile qui va faire appel pour relancer le dossier. Pour le membre de gouvernement, cette affaire ne doit pas s’arrêter à ce niveau.

L’affaire de viols d’enfants centrafricains âgés de 9 à 13 ans, violés par des soldats français de l’opération Sangaris dans le camp de déplacés de l’aéroport Bangui-M’Poko, a été révélée en avril 2015 par le quotidien britannique The Guardian. Les viols se faisaient en échange d’argent et de rations alimentaires.

L’auteur de l’article :

Erick NGABA est ressortissant du Département des Sciences de l’Information et de la Communication de l’Université de Bangui où il a obtenu sa licence professionnelle en Journalisme. Free-lance pour plusieurs agences presses internationales, il est le Directeur de Publication et Webmaster de ce site d’informations. Courrier : doctarngaba@gmail.com , +236 72614325

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