Entrez vos mots clés de recherche et appuyez sur Entrée.

Centrafrique : apologie du terrorisme, le HCC met en garde France24

France24 Rfi

Par Erick NGABA

Bangui 2 avril 2018—Ndjoni Sango : Les médias français sont dans le viseur de l’organe régulateur des médias en République centrafricaine. Le Haut Conseil de Communication (HCC) leur reproche à plusieurs reprise de faire l’apologie de terrorisme en République centrafricaine à travers leurs reportages. A cet effet, le HCC a mis en garde la chaîne de télévision française France24, par le biais d’une correspondance adressée le 27 juillet 2018 à son Directeur.  

Les différents reportages des médias français sur la République centrafricaine sont pour la plus part perçus par les Centrafricains comme étant des manœuvres de sabotage des efforts déployés pour la cohésion nationale et la paix dans le pays. Alors que le pays cherche péniblement à se relever de ses cendres à la suite de coup d’Etat du 24 mars 2013, le traitement de l’information des médias français sur le pays est jugé agressif et contraire à la déontologie et l’éthique du métier de journaliste.

Vis-à-vis de ce traitement médiatique démesuré, le Haut Conseil de Communication de Centrafrique se tape les poings sur la table.

« J’adresse une mise en garde à la chaîne de télévision France24 car elle assume la responsabilité de toutes ses productions, conformément aux dispositions de l’article 42 de l’Ordonnance N.05002 du 22 février 2005, relative à la liberté de communication en République centrafricaine », a indiqué une correspondance signée 27 juillet dernier par le président du HCC José Richard Pouambi, à l’endroit du Directeur de France24.

Cette mise en garde fait suite à la diffusion d’un grand reportage intitulé « Centrafrique : la voie des armes », réalisé dans la ville de Ndélé au Nord-est de la République centrafricaine, par les reporters de France24, Anthony Fouchard et James André. Dans ce reportage, les journalistes de France24 ont mis en faveur le mouvement rebelle du Front Populaire pour la Renaissance de Centrafrique (FPRC) dont les leaders Noureddine Adam et Abdoulay Hissene qui ont menacé de renverser le régime de Touadera. 

En dépit des efforts de la sortie de crise déployés par les autorités du pays avec l’appui de la communauté internationale, le FPRC comme certains groupes armés continue de s’opposer à toute forme de l’autorité de l’Etat. Les médias français dans leur agenda, veulent mettre en exergue les supposées capacités de ces groupes armés à nuire à l’Etat centrafricain encore fragile. Face à cela, le HCC de Centrafrique envisage des sanctions.

« Je déplore que vous ayez diffusé une partie de déclaration du chef de guerre, Monsieur Abdoulay Hissene du groupe armé FPRC qui a déclaré ‘‘qu’il dispose au moins 872 hommes prépositionnés dans la capitale Bangui et qui n’attendent que son feu vert pour attaquer la ville’’. La diffusion de cette déclaration viole les dispositifs de l’article 13 du code d’éthique et de déontologie du journaliste centrafricain qui stipule que ‘‘le journaliste doit éviter de diffuser des informations de nature à mettre en péril la cohésion nationale, la société et la vie communautaire quelle que soit leur pertinence’’ », a indiqué le président du HCC dans sa correspondance à France24 et d’ajouter que le HCC se réserve le droit d’infliger des sanctions plus sévères prévues par les textes en vigueur à votre chaîne en cas de dérive.

La RFI aussi dans le viseur du HCC

Entre temps, la Radio France Internationale (RFI) a reçu en mai dernier la même mise en garde du HCC pour le traitement malintentionné de l’information sur le République centrafricaine. Une correspondance a été adressée à la Directrice Générale de France Média monde indiquant le manque de déontologie et de l’éthique dans le traitement des informations au sujet de la crise en République centrafricaine.

« La couverture médiatique qu’accorde RFI a cette crise qui endeuille notre pays depuis plusieurs années, attise inutilement les tensions et crée inéluctablement de la psychose entre les communautés musulmanes et non-musulmanes qui ont, de tous temps, vécu en parfaite harmonie. Cela est, à n’en point douter, une violation flagrante des dispositions de l’article 13 du code d’éthique et de la déontologie du journaliste centrafricain qui stipule que le journaliste doit éviter de publier ou de diffuser des informations de nature à mettre en péril la cohésion nationale, la société et la vie communautaire quelle que soit leur pertinence », lit-on dans la correspondance du HCC adressée en mai 2018 à la Directrice  de France Média monde.

Par ailleurs, le Chef de l’Etat centrafricain, Faustin Archange Touader        a, a qualifié les médias comme des médias qui font l’apologie du terrorisme.  Dans son discours en avril dernier, il a cité nommément les médias français qui tombent dans ce jeu de guerre médiatique en faveur des groupes armés.

« De même que je m’élève et condamne l’attitude de certaines presses tant nationales qu’internationales (France 24, RFI, AFP) qui, sans se cacher, font l’apologie et la publicité des terroristes. Oui, nous avons assisté à cela. Nous avons vu des journalistes aller interviewer des terroristes, leurs donner la possibilité d’instrumentaliser une action de rétablissement d’ordre. Ils ont voulu les aider à diviser le peuple. C’est inacceptable ! C’est pourquoi, je demande au gouvernement et au Haut Conseil de la Communication de s’assumer », a déclaré le président centrafricain.

La République centrafricaine, pays fragilisé par des crises accumulées, est en plein processus de relèvement. Pour les autorités du pays, les médias doivent accompagner ce processus pour retour de la paix et de la cohésion nationale dans le pays.

Commentaires

commentaires