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Centrafrique: la problématique de l’amnistie et de partage du pouvoir

Les leaders des groupes armés aux pourparlers de Khartoum

Les leaders des groupes armés aux pourparlers de Khartoum

Par Hermann LINGAGUE

Bangui 7 février 2019–(Ndjoni Sango): Le 6 février dernier à Bangui , le gouvernement et les groupes armés ont signé un accord de paix. C’est un document créé au cours des 10 jours de négociations à Khartoum. Le dialogue n’a pas été facile, mais les parties en conflit ont réussi à atteindre le compromis.

Toutefois, le contenu de l’accord n’est pas encore divulgué. Il doit être présenté le 11 février, après la signature du document par tous les pays participant au processus à Addis-Abeba. Néanmoins, certains détails sont déjà connues grâce aux sources proches de la présidence de la RCA, rapporte Radio Ndeke Luka.

Par exemple, ils disent que les parties prenantes n’ont pas inclus dans l’accord les articles sur l’amnistie et le partage du pouvoir sur lesquels les groupes armés insistent.

« Cela violerait la Constitution du 30 mars alors que l’idée de départ était de respecter cette constitution », remarquent les parties.

La question soulevée par les opposants au gouvernement, au cours des négociations aurait pu perturber le processus de paix.

Les Centrafricains après avoir appris la demande des groupes armés, se sont indignés, Bangui était en train de chercher les solutions afin de ne pas aggraver le conflit.

En fin des comptes, les ex-rebelles auraient accepté la reprise de la discussion, ils attendent fort probablement que la situation se stabilise.

Le 5 février, un accord a été paraphé à Khartoum et le lendemain à Bangui. Les dirigeants des principaux groupes d’opposition au gouvernement, Ali Darass (UPC) et Noureddine Adam (FPRC), n’ont pas assisté à la cérémonie de signature dans la capitale centrafricaine. Ils ont signé le document à Khartoum et se sont engagés à le suivre.

Les anciens rebelles seront donc obligés de cesser toute violence à l’égard de la population civile. Avec le gouvernement, ils ont accepté de respecter les principes de la paix et de ne pas s’engager dans les conflits armés. Il s’agit dans ce cas des conflits entre des mouvements rebelles.

En outre, une Commission qui « promet la vérité, la réhabilitation des victimes et la réconciliation nationale » doit apparaître en RCA avant la fin du premier trimestre de cette année.

« Sans attendre, nous allons nous atteler à la mise en place d’une commission inclusive qui sera le dispositif approprié pour offrir à nos compatriotes les instruments d’une justice qui promet la vérité, la réhabilitation des victimes et la réconciliation nationale. Ses conclusions alimenteront le travail de la commission vérité, justice, réparation et réconciliation qui sera opérationnelle à la fin du premier trimestre 2019 », a déclaré le président Faustin-Archange Touadéra lors de la cérémonie qui se déroulait à Bangui.

Les représentants de l’opposition au gouvernement se sont montrés sensibles à la prochaine réunification.

Souleman Daouda, porte-parole et conseiller politique de l’UPC, a déclaré que les parties avaient passé énormément de temps à résoudre le conflit. Cela a permis de définir une règlementation à respecter afin de ne pas nuire à la sensibilité d’un autrui et de rétablir la paix.

« La question de justice est une question très sensible. C’est pour cela qu’on a pris autant de temps pour voir tous les contours. Parce qu’il y a la juridiction nationale, la juridiction internationale et il y a la société civile et les victimes qui posent certaines conditions. Donc nous on a vu tous ces contours pour trouver les mots justes, pour ne pas blesser la sensibilité des uns et des autres afin qu’on sorte de ces conflits », a-t-il précisé.

En même temps, Igor Lamaka, porte-parole de l’Anti-balaka, a souligné qu’à partir de ce moment la RCA rentrera dans une époque de l’honnêteté, de l’honneur et de la responsabilité politique.

« C’est la paix qu’on a ramenée du Soudan, la concorde, l’unité nationale. Et la réconciliation nationale, elle est aujourd’hui effective. Et c’est à nous, les anciens groupes armés, le gouvernement, de propager cela sur toute l’étendue du territoire national. Il est aujourd’hui question d’honneur, d’honnêteté, de la responsabilité politique de faire respecter ces engagements à la lettre », a-t-il dit.

En cinq ans du conflit, huit accords de paix se sont succédés. Néanmoins, les parties prenantes prêtent de grands espoirs sur l’accord de Khartoum.

Le gouvernement et la partie opposée ne se sont jamais réunis autour d’une même table de négociations jusqu’au mois d’août 2018 quand la Russie et le Soudan ont lancé ce processus.

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