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Centrafrique : le mouvement Anti-balaka quitte l’initiative de paix de l’Union Africaine

Patrice Edouard Ngaïssona, ex coordonnateur des Anti-balak

Patrice Edouard Ngaïssona, ex coordonnateur des Anti-balak

Par Mamadou NGAÎNAM

Bangui 16 décembre 2018—Ndjoni Sango : Le mouvement « Anti-balaka » a déclaré jeudi 13 décembre le retrait de ses représentants du gouvernement centrafricain, de son retrait du processus DDRR/RSS /RN et du retrait de l’initiative de paix de l’Union Africaine. Cette réaction est la protestation contre la poursuite des membres de ce groupe armé.

Le chef de ce groupe d’autodéfense Maxime Mokom a indiqué que ces actions sont la réaction à l’arrestation de monsieur Patrice-Edouard Ngaїssona à Paris et à la remise du député Alfred Yekatom à la Cour pénale internationale.

C’est un peu difficile de condamner les actions de ce groupe. Cette poursuite unilatérale de seuls ces combattants centrafricains a attiré l’attention en RCA bien que la CPI a des raisons pour accuser ces deux représentants de l’Anti-balaka.

Ainsi, le Président de la Ligue Centrafricaine des Droits de l’Homme Joseph Bindoumi a qualifié cette arrestation comme la politique de deux poids. La Ligue a indiqué, que peu de temps est passé entre la remise d’Alfred Yekatom à la CPI et l’arrestation de Ngaїssona. Cela fait réfléchir de la direction de ces actions.

« Quand on cherche les chefs Anti-Balaka, il faut arrêter les Séléka aussi. Comment en l’espace d’un mois on arrête deux leaders Antibalaka alors que ceux des Séléka ne sont même pas inquiétés ? Cette attitude prête à confusion et relève d’une politique de deux poids deux mesures », dénonce le président de la Ligue.

Bindoumi craint que les arrestations suivantes des membres d’Anti-balaka pourront mener à l’aggravation du conflit en RCA et le communiqué de presse des combattants nous confirme qu’il n’a pas tort.

Mais pour quelles raisons la CPI va-t-elle promouvoir les tensions en RCA ? C’est évident que l’instance agit dans l’intérêt de l’un de ses membres. Cependant aucun d’entre eux ne s’intéresse au conflit en République Centrafricaine à l’exception de la France. Paris n’est probablement pas tellement sincère quand il parle de sa relation amicale envers Bangui.

À défaut, les français se soucieront de transférer les détenus d’Anti-balaka à la RCA. Surtout que le groupe armé s’est déclaré prêt à renoncer à ses intentions si Rombo et Ngaїssona seraient jugés à la terre centrafricaine.

Cependant les combattants se trouvent encore en Europe et les européens ne sont pas prêts à les envoyer dans leur pays d’origine. Peut-être l’escalade possible du conflit en RCA ne les inquiète pas vraiment. Mais ça peut-être leur but final.

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