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Centrafrique : quand le gouvernement se contredit sur les pourparlers de Khartoum

Ange Maxim Kazagui, porte-parole du gouvernement@Erick NGABA

Par Erick NGABA

Bangui 31 août 2018—Ndjoni Sango : Deux communiqués différents publiés successivement démontrent une contradiction du gouvernement centrafricain sur les initiatives organisées ici et là par le panel de l’Union africaine et les Russes. Le gouvernement a rejeté dans un premier communiqué les pourparlers de Khartoum alors qu’il a par la même occasion salué ce dialogue dans le second communiqué. Un défaut communicationnel ou une politique d’autruche au niveau gouvernemental?

Le gouvernement centrafricain se laisse embourber dans des initiatives internationales et accords de paix avec les groupes rebelles dans la recherche de paix en Centrafrique.

A l’annonce tambour battant de la tenue du dialogue politique entre le gouvernement et les groupes rebelles en Centrafrique, des rencontres sont organisées de part et d’autres à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

A Bouar, à l’ouest de la Centrafrique, des pourparlers entre groupes armés et panel des facilitateurs de l’initiative de l’Union africaine se sont tenus afin de préparer le chemin au dialogue politique avec le gouvernement. A ses assises, les groupes armés sont représentés à travers leurs délégations respectives.

Parallèlement aux assises de Bouar, un autre dialogue inter groupes rebelles s’est tenu à Khartoum, capitale du Soudan du nord, du 27 au 29 août 2018, à l’initiative de la Russie en collaboration avec le gouvernement soudanais.

Avant la tenue des pourparlers de Khartoum, le gouvernement centrafricain a publié un communiqué rejetant cette initiative.

« Le gouvernement note, depuis quelques temps, qu’il est évoqué, à nouveau, l’organisation d’une rencontre de Khartoum pour la recherche de la paix. Le gouvernement fait savoir qu’il n’est à l’initiative d’une telle éventuelle démarche, et réitère son attachement à l’initiative de l’Union africaine pour la paix et la réconciliation en RCA qui demeure l’unique initiative à laquelle il a adhéré », a indiqué le communiqué gouvernemental signé le Porte-parole Ange Maxim Kazagui, ministre de la communication et des médias.

A la surprise de plus d’un, le deuxième communiqué publié le 29 août lors de la clôture des pourparlers de Khartoum, abroge la prise de position dans le premier communiqué.

Le deuxième communiqué évoque l’adhésion du gouvernement, qui tourne sa veste, prend acte de l’initiative des pourparlers de Khartoum à l’issus desquels les groupes rebelles ont fait une déclaration d’engagement à agir pour converger vers la restauration effective de la paix en Centrafrique.

« Le gouvernement prend acte de cette déclaration, dont les signataires disent vouloir agir pour la sécurité des populations et appelle qu’il ne ménage aucun effort ni engagement nécessaire à l’atteinte de ses objectifs principaux que sont la paix, la sécurité, et la restauration de l’autorité de l’Etat », a souligné le porte-parole du gouvernement dans le deuxième communiqué.

La position versatile du gouvernement dans ces démarches laisse perplexe les Centrafricains. Dans des commentaires, certains se demandent comment le gouvernement entend éclairer l’opinion publique sur les différentes démarches pour le processus du retour de la paix dans le pays fragilisé par des conflits militaro-politiques.

D’autres ont estimé que la conduite du gouvernement dans ces initiatives risquerait de compromettre la pacification du pays, alors que les initiatives locales dont les recommandations du forum de Bangui sont encore là.

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