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« Nous sommes venu en Centrafrique pour instaurer le procès du peuple contre la Françafrique » Kemi Seba

Kemi Seba entouré de responsables politiques locaux issus de la paysannerie centrafricaine, en conférence de presse à l’hôtel Oubangui@Erick Ngaba

Par Erick NGABA

Bangui 11 décembre 2018—Ndjoni Sango : Après la première phase de sa tournée Africaine au Burkina-Faso, l’Activiste panafricain Kemi Seba a entamé depuis hier la deuxième étape en Centrafrique. Comme il l’a si bien mentionné au cours de sa conférence de presse ce matin à l’hôtel Oubangui, sa venue vise à instaurer le procès du peuple contre la Françafrique.

Entouré de ses collaborateurs de l’ONG Urgences Panafricanistes dont son coordinateur Hery Djehuty mais également Pascal Bida Koyagbelé, président de l’association des paysans centrafricains, Kemi Seba était face à la presse ce matin à Bangui. Dans sa démarche, l’instauration du procès du peuple centrafricain contre la Françafrique est le mot d’ordre.

« Nous sommes venu en Centrafrique, après le Burkina-Faso, dans le cadre de l’instauration de procès du peuple contre la françafrique. Parce que nous estimons que la partie la plus colonisée, la plus paupérisée, la plus asphyxiée du continent africain, c’est la partie d’Afrique francophone, la partie des pays d’Afrique de la zone franc. Dire cela ne veut pas dire que nous sommes des anti-français », a fait savoir Kemi Seba, président de l’ONG panafricaine Urgences Panafricanistes.

Le procès du peuple contre la Françafrique est une initiative l’ONG panafricaine Urgences Panafricanistes visant à donner la parole au peuple opprimé et meurtri. Il entend s’exprimer librement sur les causes endogènes et exogène qui alimentent la Françafrique et les maux qui empêchent ce peuple d’accéder à l’autonomisation.

Car, l’Activiste panafricain a estimé que pendant trop longtemps, la parole n’a pas été donnée au peuple en ce qui concerne la nécessité d’exposer les crimes, les exactions, les meurtres qu’ils soient économiques, politiques et culturels de la Françafrique.

« Partout dans le monde où je voyage, j’ai eu l’occasion de voir des peuples qui, dans la plupart du temps, ont un degré de souveraineté supérieure, à 90% de ce que les Africains connaissent. Souveraineté monétaire, politique et culturelle. Mais, nous sommes le seule peuple sur cette terre qui n’a pas le droit à ce principe minimal, qui est le principe qui nous constitue comme des êtres humains », a-t-il martelé.

D’après lui, la Centrafrique est une banque à ciel ouvert. Une terre tellement riche mais avec un peuple extrêmement pauvre. C’est ce qui, selon lui, dépasse l’entendement.

« Je suis arrivé hier, j’ai fait toute l’Afrique francophone dont une bonne partie. Mais la Centrafrique est le seul pays qui m’a donné l’envie de pleurer en arrivant. Je suis arrivé, j’ai fait le tour de la capitale, j’ai les larmes aux yeux. Parce que je ne peux pas comprendre et accepter que cette terre ne soit considérée par l’humanité comme le plus riche pays d’Afrique mais la population vive dans une situation aussi dramatique. Est-ce que le problème, c’est de jeter la faute sur les autres ? Ça sera trop facile. Ceux qui ont pensé que je suis venu pour simplement condamner les autres mais ne pas être dans une démarche de me regarder dans un miroir, ces personnes se sont trompées sur moi », a-t-il regretté.

Arrivée lundi matin en Centrafrique, l’Activiste panafricanisme Kemi Seba passera un séjour d’une semaine. Un grand rendez-vous est donné au public centrafricain pour le « Procès du peuple contre la Françafrique » le dimanche 16 Décembre à l’omnisports.

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