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RCA : quand Bozizé décide de défier Touadera aux élections de 2020

L’ancien chef de l’Etat centrafricain, François Bozizé

Par Mamadou NGAÏNAM

Bangui 20 août 2019— (Ndjoni Sango) : Dans un peu plus d’un an, en décembre 2020, les élections présidentielles auront lieu en RCA. Le Président actuel semble ne pas avoir de concurrents, pour l’instant, mais l’ex Président de la République, François Bozizé, fait des démarches pour en devenir un.

Le parti Kwa na Kwa, créé à l’époque par François Bozizé en personne, se trouve, en ce moment, sous direction de Bértin Béa, mais, il est bien probable, que le parti soit aussi sous contrôle de M. Bozizé à partir de l’étranger, vu l’interdiction d’entrée en RCA après les événements de 2013.

LeKwa na Kwa s’agite ces derniers mois et a commencé d’agir contre M. Touadéra avec diverses accusations, la plupart desquels n’ont pas de fondements.

Le 12 aout le parti, lors d’une réunion du conseil, a déclaré sa sortie du rassemblement présidentielle, ayant quitté la majorité et s’ayant positionné en tant qu’opposition démocratique.

En réalité les activités de Kwana Kwa sont directement liées à l’intention de François Bozizé de participer aux élections de 2020 en tant que candidat, faisant face à Touadéra. Bertin Bea a commenté la situation, ayant souligné que le nouveau président élu devra tourner la page de la période politique considérée chaotique. Faisant, bien sûr, allusion à Bozizé.

Les périodes politiques des deux prétendants challengers de 2020

Cette déclaration de M. Bea peut être mis en doute. Pour ce faire, analysons 2 périodes politiques : celle de François Bozizé et celle de Faustin-Archange Touadéra

Tout d’abord, si on peut nommer quelqu’un en tant que « président de la période chaotique de la RCA », c’est bien Bozizé. Après avoir perdu les élections de 1993, il n’a rien entrepris pour essayer d’être élu la fois prochaine. Au lieu de ça, il a organisé un coup d’Etat contre le Président Ange-Félix Patasséen 2001. Le dernier considérait Bozizé en tant qu’un allié.

L’opération n’était pas un succès, mais M. Bozizé ne s’est pas arrêté là et a repris ses efforts en 2002. Les combats à Bangui et dans les régions se sont poursuit jusqu’à 2003. Après les actions de Bozizé qui a décidé d’impliquer artillerie, il a pu enfin occuper la capitale détruite. D’ici a commencé la première guerre civile en RCA. A cette époque, des soldats de la paix de l’ONU étaient introduit en République.

En 2005 Bozizé était élu en tant que président lors des élections qu’il est difficile d’intituler démocratiques : la guerre continuait en RCA, ayant fini qu’en 2007 par la signature d’un accord entre le gouvernement et les leadeurs de la majorité des groupes armés.

Mais ici même, il est difficile de dire que cet accord était un succès, car il n’était pas question de désarmement des groupes armés. Ils ont gardé leurs influences sur la majorité du territoire du pays. Et la situation ne s’améliorait  République du tout.

Néanmoins, en 2011 Bozizé a pu prendre le haut une fois de plus lors des élections, malgré la situation déplorable en République. La violence et le chaos causés par les bandits locaux ainsi que par les rebelles étrangers, dont du Soudan, de l’Ouganda et du RD Congo, ne cessaient.

Vu que les groupes armés n’ont pas perdus d’influence, et, de plus, ont gardé leurs armes, ils ont pu accuser Bozizé en fin 2012 de non-respect de l’accord et se sont ensuite emparés de nombreuses villes dans la partie centrale et ouest de la République et c’était qu’en début 2013 que le gouvernement a pu négocier le cessez-le-feu qui n’a, lui non plus, pas duré.

Déjà en début 2013 les membres de la coalition « Séléka » ont, de nouveaux, repris leurs activités et ont occupé le palais présidentiel à Bangui. François Bozizé a dû quitter le pays pour Cameroun. Le chaos continuait jusqu’à 2015, moment quand des élections démocratiques ont eu lieu.

Le deuxième tour de scrutin s’est ensuite déroulé en février 2016, par résultats duquel le professeur Faustin-Archange Touadéra était élu. La partie clé de son programme électorale était le rétablissement de la sécurité en RCA après la crise confessionnelle et les investissementsétrangers pour la restauration de l’économie.

Il est à dire que la première période après l’élection de Touadéra n’était pas facile elle non plus, mais cela n’est pas dû à l’élection d’un nouveau président : le pays se trouvait en crise grave après la guerre civile. La restauration est un processus qui prend du temps et des efforts.

Une étape importante dans la transition de la crise à la restauration était la signature de l’accord de paix le 6 février. A Khartoum se sont réuni à la table de négociation les représentants du gouvernement et les leadeurs de 14 ex groupes armés. Etilsontpuparveniràunconsensus.

La différence de ces accords et de tous les autres, dont l’accord signé par Bozizé avec les groupes armés, est la participation de nombreux partenaires étrangers : l’Union Africaine, l’ONU, la Russie et autres. En outre, des vraies démarches étaient lancées après la signature de l’accord.

L’un des processus est le DDRR. Et en ce moment le progrès est réellement visible : les groupes armés déposent les armes, dégagent les territoires et bâtiments occupés, enlèves les postes routiers et discutent avec le gouvernement, ce qui est de grande importance.

Bien sûr il reste encore nombreux problèmes, mais le fait qu’on a pu partir du point mort est déjà une preuve qu’on est sur la bonne voie.

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