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Centrafrique: la présence des rebelles du FPRC à Ndélé influence le système éducatif  

école Koudoukou à Bangui pour illustration@Erick Ngaba

Par Erick NGABA

Bangui 16 aoùut 2018—Ndjoni Sango : La ville de Ndélé à l’extrême Est-nord de la République centrafricaine est depuis décembre 2012 sous la coupe de FPRC, une faction rebelle de l’ex Seleka. Même si la ville est relativement calme depuis un bon moment et que l’on y note un taux important de la réussite au baccalauréat, l’éducation de la localité demeure toutefois menacée par la présence de ce groupe rebelle qui y crée une administration parallèle à celle de l’Etat.

Au regard du taux important de succès aux deux derniers baccalauréats en Centrafrique, l’on ne peut pas oublier le fait que la ville de Ndélé arrive à faire la différence entre les autres villes sous contrôle des groupes armés. L’accalmie observée dans cette ville sous contrôle des groupes armés a permis aux élèves d’épuiser leur programme académique en dépit des cas isolés d’affrontements armés.

Toutefois, cela ne justifie pas la qualité de l’enseignement ou de l’éducation reçus par les enseignés dont la plupart sont des enfants à des rebelles  actifs dans la localité. Car, l’absence de l’autorité de l’Etat, les dangers liés au conflit armé et l’absence chronique des élèves continuent une véritable menace à l’éducation dans cette ville. Ce qui pourrait amener à remettre en cause le succès de la réussite du baccalauréat dans cette région.

d’après un rapport d’un groupe d’expert de l’institut allemand GIGA et LeaSpace, la présence d’un groupe armé qui contrôle la ville reste un fait problématique pour l’éducation. Néanmoins, le rapport fait état de ce que de sérieux dysfonctionnements persistent sur le plan éducatif dans la localité.

« Certains élèves intimident leurs professeurs en se procurant des armes ou en se disant affiliés aux rebelles. De plus, des échanges de tirs entre les factions rebelles ont eu lieu à Ndélé exactement pendant les épreuves du baccalauréats, ce qui a perturbé les élèves dans leurs travaux », indique le résumé du rapport.

Le rapport souligne que, sous l’emprise des groupes armés, le peu d’élèves qui réussit à obtenir le baccalauréat à Ndele pense que l’unique université du pays qui est située dans la capitale est un milieu qui leur est hostile, eux originaires de cette ville tenue par les rebelles. Le rapport déplore le fait que leur accès limité à l’enseignement supérieur leur empêchera d’occuper plus tard des postes clefs dans le pays.

Selon le rapport, les groupes armés représentent également une alternative apparemment facile à des études assidues et difficiles. Ce qui ne fait qu’alimenter le niveau déjà très élevé d’absentéisme des élèves.

La pauvreté reste toutefois la cause principale de ce phénomène dans la mesure où de nombreux élèves doivent travailler à côté et ratent ainsi la plupart de leurs leçons hebdomadaires, ce qui explique d’après le rapport une partie les taux très importants de redoublement plus de deux tiers chaque année ne réussissent pas à passer au niveau supérieur.

Tout particulièrement les filles qui abandonnent souvent leur étude car confrontées à des difficultés comme financement de leur éducation et le harcèlement des élèves et des professeurs.

C’est une situation qui doit interpeller les autorités de Bangui. Le cas de la ville Ndélé est perçu comme un prototype des villes contrôlées par des groupes armés où l’éducation est bâclée.

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