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Centrafrique : la Sangaris, 5 déc. 2013 – 5 déc. 2018, une opération génocidaire pour la population

les militaires français de l’opération Sangaris

Par Hermann LINGANGUE

Bangui 5 décembre 2018—Ndjoni Sango : Le 5 décembre 2013, l’ancien président français François Hollande, avait laissé tambour battant l’opération Sangaris disant pour stopper les violences en Centrafrique, pays plongé dans une spirale de violence à l’époque de la prise de pouvoir par la coalition rebelle Seleka. Cette opération qui avait inspiré la population civile au bord de gouffre, a non seulement sauver des vies civiles mais aussi orchestré des tueries massives des civiles et les actes de viol sur mineurs centrafricains.

5 décembre 2013 – 5 décembre 2018, 5 ans jour pour jour aujourd’hui que l’opération française Sangaris reste gravée dans la mémoire collective des Centrafricains. Dépêchée le 5 décembre 2013, la Sangaris avait pour mission de protéger les civils et désarmer les rebelles armés qui terrorisaient la population, en absence des Forces armées centrafricaines (FACA).

Après le coup d’Etat de 24 mars 2013, les rebelles de l’ex coalition Seleka se sont installés au pouvoir et emparés tout le territoire national. Des exactions massives et violations des droits de l’homme étaient quotidiennement commises sur les civils.

Qu’est-ce qui s’est réellement passé ?

Ayant voulu intervenir soit disant évider le bain de sang, la France a obtenu par une stratégie d’effusion du sang des civils, l’accord du Conseil de Sécurité de l’ONU pour dépêcher l’opération baptisée Sangaris  dans le pays.

En effet, pour obtenir l’accord du Conseil de Sécurité, la France a orchestré par son service de renseignement une violence inouïe dans la capitale centrafricaine ayant conduit à un bain de sang afin de pousser le Conseil à autoriser d’urgence l’intervention française dans ce pays où l’armée a disparu aussitôt après le coup d’Etat.

Le 5 décembre 2013 à 4 heures du matin, les militaires français déjà dépêchés en Centrafrique en attendant le feu vert de l’ONU, poussaient les miliciens antibalaka qui n’étaient que dans les villes de province du pays, à lancer des attaques généralisées sur les positions des rebelles de la Seleka actifs dans tous les coins de Bangui.

L’attaque des miliciens Antibalaka rencontrait une résistance farouche des escadrons de la mort de l’ex coalition Seleka qui se trouvaient dans toutes les rues de la capitale. L’idée derrière d’avoir poussé les miliciens Antibalaka contre les éléments lourdement armés de la Seleka, était de plonger la capitale centrafricaine dans un bain de sang afin d’obliger le Conseil de Sécurité de l’ONU à donner feu vert à l’armée française d’intervenir dans l’urgence pour sécuriser les civils.

Ainsi, le coup était réussi, Bangui était effectivement plongé dans un bain de sang comme s’était prévu, et la France avait reçu l’accord de l’ONU pour intervenir.  C’était un chao total, des corps humais inestimables jonchaient pendant 72 heures le sol à merci des vautours.

Que retenir de l’opération Sangaris ?

Certes, l’opération Sangaris était lancée pour sauver des vies. A l’annonce de cette opération, la population s’est nourri de l’espoir. Au cours de l’opération, c’était le regret et la désolation qui rangeaient les cœurs des pauvres civils centrafricains. Même si au niveau politique, certaines autorités centrafricaines ayant bénéficié de la protection de cette opération, dans la mémoire collective, la population centrafricaine retient encore de la Sangaris une opération suicidaire. Une opération instigatrice des violences. Une mission qui a fait des victimes de violences sexuelles, de zoophilie sans une justice rendue aux victimes. A plusieurs reprises, la société civile centrafricaine dans son ensemble exigeait le départ de la Sangaris.

Les soldats déployés dans l’opération Sangaris sont responsables de beaucoup de mort des civils. Les témoignes ont illustré que quand les soldats français désarmaient les éléments de la Seleka à leur domicile, ils abandonnaient ces derniers avec les familles civils à la merci des foules nourries d’esprits de rancœurs et de vengeance durant les massacres perpétrés par les éléments de la Seleka sur les civils.

La Sangaris jouait le rôle d’instigateur des violences entre les rebelles de la Seleka et les Antibalaka ainsi que les communautés. Le pyromane et le pompier, c’était le visage caché de l’opération Sangaris afin de faire perdurer le conflit et l’instabilité en Centrafrique.

Malgré son retrait prématuré en 2016 par la petite porte, la Sangaris a laissé des victimes durant son passage en Centrafrique. Mais au-dessus tout, la justice française a donné un non-lieu sur les faits reprochés aux soldats français de l’opération Sangaris pour leur crimes commis en Centrafrique.

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