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Centrafrique : l’Angleterre s’est opposée à la livraison d’armes russes aux FACA

un détachement des FACA à Bouar@Erick Ngaba

Par Hermann LINGANGUE

Bangui 16 décembre 2018—Ndjoni Sango : L’Angleterre ou la Grande-Bretagne a déclaré qu’elle ne pouvait pas approuver, dans le cadre du conseil de Sécurité de l’ONU, la livraison d’une autre partie d’armes russes à la RCA. Le Royaume-Uni craint que de mauvaises personnes puissent s’emparer de ces armes, à savoir des rebelles, ce qui pourrait nuire aux citoyens de la République centrafricaines.

Londres est convaincu que l’embargo imposé par l’ONU contribue au renforcement de la stabilité et de la sécurité en RCA et que toute livraison d’armes est un risque injustifié.

Néanmoins, en janvier de cette année, la Russie a déjà fourni des armes légères à l’armée, à la police, à la gendarmerie et à d’autres formations armées légitimes de la RCA. En outre, les instructeurs russes ont enseigné aux soldats Centrafricains à le traiter. En conséquence, aucun des fusils n’était entre les mains des rebelles. Et ce mouvement n’a pas fait du mal au pays.

Au contraire, les Russes à l’aide des FACA ont pu stabiliser la situation à Bangassou et bien d’autres localités où ils sont déployés. La tranquillité est revenue en ville après le déploiement des militaires centrafricains avec l’aide des Russes. Et même les activités commerciales et administratives ont repris.

En même temps, les soldats n’auraient pas pu faire face aux groupes armés sans armes russes. À Bangassou, les rebelles n’ont pas osé entrer en conflit avec les FACA et les Russes. Par contre, à Bokaranga l’armée a été tout de même chassée de la ville. Les militaires centrafricains n’étaient pas aussi bien armés que les rebelles. Néanmoins, ils sont retournés en ville le même jour, mais accompagnés des russes.

Ce ne sont que quelques exemples de ce qui se passe en République Centrafricaine dans le contexte de l’embargo. Bien sûr que les Britanniques ne peuvent pas savoir le fait que les sanctions de l’ONU réduisent l’efficacité des FACA. Les groupes armés ont également la possibilité d’obtenir de nouvelles armes. Ils ont toujours été armés illégalement. Cette méthode ne se limite pas par l’embargo.

Mais puisque Londres n’est pas au courant de la situation, alors pourquoi assume-t-il le droit d’interdire les livraisons d’armes russes ? La Grande-Bretagne est sûre que l’embargo est un bouclier qui protège les Centrafricains contre les attaques. Mais il est évident que personne n’a entendu parler de la tragédie d’Alindao sur l’île, ni de l’attaque à Ippy. Qu’est-ce qui a causé l’intérêt des britanniques envers la RCA, si ce n’est pas la protection des gens ? Ou bien ce sont les habitudes d’un vieux colonisateur qui se font connaitre ?

En tout état de cause, l’ancien colonisateur de la RCA soutient la levée de l’embargo. La ministre française des armées, Florence Parly, a déclaré le 11 décembre que la levée des sanctions était possible. Toutefois, il convient d’établir un contrôle strict sur les armes.

Pour confirmer ses paroles, Paris a remis 1400 AK-47 (kalachnikovs) aux FACA. Mais, comme d’habitude l’aide des Français s’est révélée fausse. Les kalachnikovs ont été envoyés en RCA incomplets : 67 magasins et munitions manquaient.

De plus, selon des sources, la France a livré aux FACA des armes confisquées avec le passé criminel. Il s’agit de mitraillettes Nord-coréennes qui ont été illégalement livrées au Yémen. L’ONU a retiré l’un des partis livrés en 2016.

Et Londres n’a rien dit contre cela. Dans le même temps, les armes russes provenant des entrepôts du ministère de la défense, traçables, propres et entièrement complètes, selon les Britanniques, peuvent nuire à la RCA.

Il convient de noter qu’on ne comprend pas la position du Royaume-Uni ni à Moscou ni à Bangui. En Russie, les actions de l’Occident sont considérées comme jalouses de la participation des Russes au règlement de la RCA. Moscou a appelé ses collègues à ne pas freiner le renforcement des structures de force nationales de la République. Cela devrait stabiliser la situation dans le pays. Sans armes, l’armée est incapable de protéger les citoyens contre les attaques.

À Bangui non plus, on ne voit pas comment protéger les concitoyens centrafricains sous embargo. Le président de l’Assemblée nationale centrafricaine, Laurent Ngon-Baba a annoncé en novembre dernier que l’embargo des Nations-Unies est une menace pour la sécurité de la République. Sous des sanctions, les militaires ne peuvent s’acquitter de leurs tâches.

Dans le même temps, les pays qui s’opposent à la levée des restrictions peuvent suivre les effets négatifs de cette situation. Les attaques régulières contre des civils prouvent que la capacité de combat des rebelles ne diminue pas avec l’embargo sur les armes.

Cependant, il est évident que les « amis » européens ne se soucient pas des vrais problèmes des Centrafricains. Ils se sont dessinés un plan pour régler la situation et y adhèrent. Peu importe que leurs actions n’apportent non seulement de résultats, mais changent la situation au pire.

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