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Centrafrique: le président Touadera appelle ā l’union sacrée de toutes les forces vives de la nation

Le président Touadera avec les leaders d'opposants politique/@photo presse présidentielle
Le président Touadera avec les leaders d'opposants politique/@photo presse présidentielle

Le président Touadera avec les leaders d’opposition/@photo presse présidentielle

Par Eric NGABA

Bangui 31/10/16 (Ndjoni Sangot.net) : la République Centrafricaine tente de replonger ces derniers temps dans un cycle de violence armée occasionnant les pertes en vies humaines. Pour empêcher que la situation s’envenime de nouveau dans le pays, le président de la République Centrafricaine Faustin Archange Touadera appelle le peuple centrafricain une mobilisation générale afin de sauver l’intérêt national. Un appel lancé vendredi 28 octobre 2016, au cours de la concertation avec les forces vives de la nation au palais présidentiel à Bangui. Une concertation avec les forces vives de la nation qui a exclue la participation de la société civile ayant organisé la ville morte le lundi dernier dans la capitale. 

Depuis quelques mois, la République Centrafricaine connaît une crise sécuritaire qui remet en cause le calme retrouvé depuis les dernières élections présidentielle et législatives ayant permis le retour à l’ordre constitutionnel. Les groupes armés règnent par la terreur dans les territoires sous leur contrôle.

De nombreux crimes sont commis par les hors-la-loi qui continuent de faire l’usage des armes afin d’empêcher les innombrables projets de développement enclenchés par les nouvelles autorités.  De l’avis du président. Touadera ville morte organisée le lundi 24 octobre dernier par la société civile constitue une autre forme de la crise en plus des massacres de Ndomété, de Kouango, de Kongbo, de Koui, de Kaga-Bandoro, de Ngakobo, du Km5, de l’Abattoir frigorifique de Bangui ayant endeuillé de foyers à Bangui.

La ville morte organisée par la société civile

« J’ai aussi entendu une partie de la société civile, soutenue par certains politiques, demander le départ de la MINUSCA. Mais quelle est l’alternative au départ de la MINUSCA ? La MINUSCA doit-elle partir alors que les FACA demeurent encore sous l’embargo et non équipée ? Quelle est la force armée qui doit contrer les menaces, les exactions et les massacres projetés par des groupes armés sur les populations civiles ? », a déclaré le président de la République Faustin Archange Touadera.

Pour le président centrafricain, Il ne faut pas tromper le peuple. Aujourd’hui, les FACA ne disposent pas, d’après lui, de logistiques militaires adéquates pour faire face aux menaces des groupes armés, qui, exploitant les ressources naturelles, ne cessent de s’approvisionner en armes pour massacrer la population, alors que l’Armée nationale demeure encore sous embargo.

« J’ai compris que le peuple réclame son Armée Nationale. Oui, mais il doit s’agir d’une Armée républicaine, pluriethnique, professionnelle et apolitique. Une Armée qui doit protéger et défendre l’intégrité du territoire, et non une Armée qui doit combattre d’autres centrafricains. Dois-je encore préciser que ma vision est de doter le peuple d’une Armée de garnison et non une Armée de projection », a-t-il renchérit.

La restructuration de l’Armée nationale

Le Professeur Faustin Archange Touadera estime que c’est pour répondre aux vœux pressants du peuple centrafricain qu’il a demandé, à la tribune des Nations-Unies, la levée de l’embargo sur les Forces Armées Centrafricaines. Parallèlement, l’appui de la mission des forces européennes l’EUTM dans le domaine de la restructuration de l’Armée centrafricaine et du renforcement des capacités de la gendarmerie et de la police nationales permet de doter de la République Centrafricaine une armée moderne.

L’objectif de cette restructuration est de mieux assurer la défense de la Nation et de mieux répondre aux besoins de sécurité des populations, en rationalisant l’ensemble des ressources affectées à la sécurité nationale.

« Restaurer la sécurité sur l’ensemble du territoire est la priorité des priorités de mon gouvernement. L’État doit garantir les droits inaliénables à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur. Mais il faut y aller avec méthode, avec tact, bref, il faut rompre avec les méthodes du passé. Depuis mon investiture, je me suis employé à créer les conditions requises pour que nos frères qui ont pris des armes s’engagent de manière directe et consciente dans la voie du DDRR, du dialogue et de la réconciliation nationale », a ajouté le président Touadera.

Le président de la République estime pour lui que la solution durable à la crise que traverse le pays réside dans le DDRR, la RSS et la Réconciliation Nationale. Dans la recherche de la paix et la sécurité, il y a de son point de vue quatre piliers. Il s’agit du DDRR et la RSS pour permettre aux Forces de Défense et de Sécurité d’être au service du peuple, représentatives de toutes les régions, pluriethniques et professionnelles.

Le processus de DDRR ne peut se faire qu’à travers la réconciliation nationale, car il faut, selon le président Touadera, préparer les cœurs à accueillir les reconvertis. Il a souligné que le ciment de tout ce processus, c’est la justice, car il faut préserver les droits des victimes.

La table ronde de Bruxelles avec les bailleurs

Par ailleurs, le Professeur Faustin Archange Touadera a également mis l’accent sur les enjeux de la rencontre de Bruxelles le 17 novembre 2016, avec les bailleurs de fonds et partenaires de la République Centrafricaine. L’objectif recherché par le gouvernement à travers cette table ronde, est la mobilisation des ressources nécessaires en vue de financer le relèvement économique du pays.

« Dans l’intérêt national, j’en appelle à l’union sacrée de toutes les forces vives de la Nation, au-delà des considérations partisanes pour la réussite de cette importante rencontre », a martelé le président Touadera.

En dépit des efforts déployés par le gouvernement dans un contexte économique particulièrement morose, pour renouer avec la paix, la cohésion sociale, le redéploiement de l’Administration et le relèvement économique, le président de la République Centrafrique pense que certains Centrafricains veulent par tous les moyens, replonger le pays dans un chaos indescriptible.

A la fin de sa déclaration, il s’en est suivi les échanges pouvant apporter des propositions à la solution pour la sortie définitive de la crise qui continue de fragiliser le pays.

« Je voudrais vous écouter, écouter vos propositions constructives, sur toutes les questions qui intéressent la paix, la sécurité, l’économie. C’est le moment de dire la vérité, toute la vérité, dans la dignité et le respect mutuel, sur la situation que traverse notre pays afin qu’ensemble, nous puissions trouver des solutions durables à cette crise qui ne cesse d’endeuiller de foyers et compromettre les efforts de relèvement économique du pays. C’est une rencontre de dialogue citoyen, républicain », a conclu le président de la République.

Il faut noter que le scandale produit lors de cette importante rencontre  avec les forces vives de la nation est l’exclusion du Groupe de Travail de la Société civile qui s’est vu refusée par les gardes présidentielles d’accéder à la salle où s’est tenue la concertation.

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