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Centrafrique : l’initiative africaine, pourquoi aggraver le problème de sécurité ?

Le chef rebelle de 3R et les casques bleus de la Minusca

Par Mamadou NGAÎNAM

Bangui 13 novembre 2018—Ndjoni Sango : Pour la République Centrafricaine, la question de sécurité est plus que primordiale. Elle est d’autant plus importante que, une fois la solution trouvée, la stabilité devrait finalement s’établir dans le pays. Il parait que pour le gouvernement centrafricain, l’initiative soutenue par le financement de millions de dollars provenant de la société internationale, il ne reste qu’un dernier pas vers l’installation de la paix tant attendue. Cependant, combien de temps faut-il pour boucler ce dernier pas ? Et qui désire la prolongation de la crise actuelle ?

Ça fait un moment que l’Initiative Africaine, un produit de la CEEAC et de l’Union africaine sous l’égide du Tchad, intermédiaire politique de la France en Afrique, cherche des moyens de sortie de la crise en Centrafrique. Mais les résultats, on ne les voit pas pourtant. On ne voit pas non plus de fin aux multiples rencontres de paix initiées par l’initiative Afrique pour la paix en Centrafrique. C’est justement cette succession qui pousse les Centrafricains à mettre en doute la nécessité de sa création.

Entre temps, on se rappelle bien la rencontre à Bouar, initiée toujours par l’Initiative Africaine. Même si c’est strictement interdit par le règlement, la MINUSCA elle aussi a mis ses efforts en transportant les représentants de groupes armés sur place. Mais, hélas, la rencontre aboutit sur rien, à part la mise en avant d’un document composé de 104 impératifs, impossibles à exécuter, et des factures dont le payement des hôteliers de Bouar réclament toujours auprès de l’Initiative Africaine.

Avec toute son inefficacité, l’Initiative Africaine ressemble ces derniers temps à un « Chien du jardinier » : elle laisse couler toutes les possibilités d’installation de paix en RCA et ne laisse personne à s’y mêler.

Après la publication de faux communiqués de presse, soit disant que les groupes armés désiraient quitter l’accord de Khartoum, l’identité de leurs commanditaires reste toujours sous question que l’on devrait probablement poser à l’Initiative Africaine.

Pour comparaison, l’accord de Khartoum de fin août dernier, initiée par la mission russe a porté ses fruits justes après cette rencontre. Probablement, certains acteurs de la vie politique en Centrafrique  visent plus clairement les objectifs à atteindre. Il faut souligner que l’Initiative Africaine avait refusé l’invitation à participer à la rencontre à Soudan.

Elle ne se presse pas non plus pour donner sa réponse à l’invitation officielle du président soudanais Omar El-Bachir à la rencontre du 14 et 15 novembre 2018 à Khartoum. Une telle manière de fonctionner de l’Initiative Africaine donne l’impression que la résolution de la crise centrafricaine serait repoussée volontairement. En même temps, derrière cette inefficacité, les meurtres et la violence au sein de la population continuent. Combien de victimes a fait la crise depuis 2013, qu’en pensez-vous ?

Il semble que même le risque de la guerre civile ne pourrait pas pousser les autorités de l’Initiative Africaine à examiner l’efficacité de ses activités. Le nombre de victimes risque d’augmenter. Surtout si l’on prend en compte la réticence de l’Initiative Africaine d’unir ses efforts avec l’ensemble d’acteurs politiques, ce qui favorise une libre circulation des mercenaires tchadiens et des armes provenant du Soudan à travers les frontières incontrôlées de la République centrafricaine.

La seule décision proposée par l’Initiative Africaine est l’amnistie des chefs de groupes armés. Il n’est pas question, à vrai dire, de qualifier ceci comme décision. Sous condition que le gouvernement et des forces extérieures, y compris l’Initiative Africaine, empêchent le processus de la paix, seuls les Centrafricains pourront influencer l’avenir de la crise. Il semble que tout cela s’inscrit parfaitement dans le cadre du blocage de la livraison d’armes destinées pour les FACA par l’ONU.

D’autre part, même le DDRR n’arrive pas à atteindre des résultats satisfaisants. Au lieu de se lancer au désarmement progressif de groupes armés importants, le programme met toutes ses forces, pour des raisons incompréhensibles, en « pacification » de troupes comme 3R qui continuent toujours à exister. D’ailleurs, il semble que même les efforts de l’organisation humanitaire la plus puissante au monde, de l’ONU, n’aboutissent à rien.

Dans ce contexte, seule l’initiative de Khartoum peut se distinguer grâce à l’efficacité et les résultats atteints. Pour l’instant, c’est la seule plate-forme de pourparlers sur laquelle on signe les accords. Et on les respecte par la suite.

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