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Retour en 2013 en RCA: la MINUSCA s’apprête à une offensive

Par Mamadou NGAÏNAM

Le Général Balla Keita Command force de la Minusca et un casque bleu gabonais@photo Erick Ngaba

Bangui 5 septembre 2019—(Ndjoni Sango) : Selon les journaux locaux, la MINUSCA est en train de préparer une descente qui vise les groupes principaux y compris le FPRC, l’UPC, le FDPC et autres. Les raisons de cette décision inattendue de la mission de maintien de paix sont faciles à détecter.

On sait bien que les casques bleus n’ont pas l’habitude de risquer leurs vies, même lorsqu’il s’agit d’une attaque contre la population civile. Normalement, ce sont les forces de défense nationales qui s’en chargent. Aujourd’hui, la mission onusienne a décidé de rendre aguerris ses forces. Mais d’où vient cette bravoure jamais aperçue chez la MINUSCA ?

Premièrement, ce serait lié au rétablissement de la sécurité dans le pays. Un grand déploiement des FACA dans les régions éloignées de la République centrafricaine qui a récemment eu lieu en est une preuve. En partie, le retour du contrôle dans les préfectures est devenu possible après la livraison d’armes russes aux forces armées centrafricaines (FACA).

Même le président Touadéra a rendu visite au Camp de Roux pour saluer les soldats avant leur départ. Pour la popualtion, c’est au moins un espoir et une garantie de réussite en ce qui concerne le développement du pays.

Question de la prorogation du mandat de la Minusca

Dans ces conditions, c’est la prolongation du mandat de la MINUSCA qui se met en question. Si l’ONU retire sa mission de la RCA, 13 milles casques bleus et tout le personnel administratif risquent de perdre leurs emplois.

En même temps, l’opportunité de retrouver un poste avec le même niveau de salaire dans le marché du travail africain est minime. Pour eux, la prolongation du mandat de la mission est donc primordiale, car il s’agit du financement qui s’élève à quelques dizaines de millions de dollars, octroyés à l’alimentation des soldats et du quartier général dans la capitale centrafricaine.

Contrairement à l’an 2014, lorsque le pays se trouvait dans une situation désastreuse et une telle descente avait du sens, aujourd’hui elle représente une vraie menace pour la république. L’histoire humaine prouve que l’on ne construit pas la paix les armes en mains, peu importe à qui elles appartiennent, aux soldats ou aux rebelles.

Les tirs et la violence ne sont pas fiables lorsqu’on parle du règlement d’un conflit, car la fin de la crise n’est possible qu’avec les négociations. Pourtant, la MINUSCA se prépare à une offensive.

Une fois l’attaque commence, les groupes se mettront à tirer en revanche et rien ne pourra empêcher des meurtres chez la population civile. D’autre part, les bataillons à la tête des troupes seront composés de soldats des FACA. Elles serviront donc de cibles. La stratégie présente semble avantageuse pour la mission de maintien de paix car elle pourra à tout moment se servir de meurtres pour reprendre ses opérations.

Les conséquences de l’offensive de la MINUSCA seront catastrophiques. Si l’on effectue une brève analyse, un seul scénario s’avère possible. Par son attaque, la MINUSCA offre aux groupes armés le droit de tirer sur les gens, tout d’abord sur les soldats et les civils.

En outre, cette attaque signifie la fin de tout accord entre le gouvernement et les groupes. Les efforts des autorités, de l’Union Africaine, des partenaires du pays ayant participé aux pourparlers au Soudan seront radiés rien qu’à cause d’une offensive.

Tous les projets du développement économique comme « Londo », Boali entre autres seront suspendus. Les investisseurs abandonneront le pays en laissant la place à une nouvelle crise économique. Cela signifie l’absence de revenus, un manque de produits, la fermeture des marchés, écoles et hôpitaux. Cela veut dire aussi que les élections de 2020 et 2021 n’auront pas lieu car l’Etat envahi par la guerre n’en aura pas besoin.

Mais c’est un éventuel retour de la crise de 2013 qui est un risque le plus majeur pour la RCA. Des tirs, une montée de violences, l’engagement des enfants par les groupes armés, la peur se réinstalleront dans le pays, tandis que la MINUSCA s’offrira une prolongation de son mandat grâce à une seule offensive contre les groupes armés.

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