Entrez vos mots clés de recherche et appuyez sur Entrée.

Centrafrique: »Je suis venue à Bangui pour prendre un engagement du FMI envers votre pays » déclare Christine Lagarde

christine-lagarde-et-faustin-archange-touaderaeric-ngaba

Christine Lagarde et F.A Touadera/@Eric Ngaba

Par Eric NGABA

Bangui 27/01/17 (www.ndjonisango.net): La Directrice Générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde réaffirme le soutien du FMI aux autorités centrafricaines. En visite de travail de deux jours à Bangui, capitale de la République Centrafricaine, du 24 au 25 janvier 2017, elle a déclaré que son institution demeure un partenaire clé dans les efforts de la paix, de la réconciliation, et de la restauration des conditions de croissance économique du pays. De la présidence à l’Assemblée Nationale et de l’Université de Bangui à la Fondation Voix du Cœur où elle s’est rendue, Christine Lagarde a réaffirmé le soutien total du FMI dans la quête de stabilité politique, de meilleure gouvernance et de redressement économique.

La patronne du FMI a atterri à Bangui le mardi 24 janvier 2017 pour une visite de travail. Elle a été accueillie à l’Aéroport international de Bangui par le premier ministre centrafricain Simplice Mathieu Sarandji accompagné de quelques ministres dont celui des finances et du budget Henri Marie Dondra, celui de l’économie et du plan Félix Moloua ainsi que le ministre des affaires étrangères Armel Doubane. Christine Lagarde se dit ravie de sa visite à Bangui pour encourager les efforts de restauration de la croissance économique.

« Je suis ravie d’arriver à Bangui. Mon voyage est une première visite de 2017 en Afrique. Je suis très heureuse d’avoir fini 2016 aux côtés des autorités de la République Centrafricaine. Et je suis très heureuse de commencer l’année 2017 en République centrafricaine avec pour mission de bien comprendre et de bien pour pouvoir mieux aider à l’effort de paix et de redressement de croissance économique et bien de réconciliation car tout cela est intimement  lié. Le FMI a été, est et sera un partenaire des autorités de la République Centrafricaine pour opérer ce chemin de réconciliation, de paix et de restauration des conditions de croissance économique », a-t-elle martelé.

La République Centrafricaine a connu une longue période de crise aux conséquences dramatiques impactant négativement la situation de son économie et de ses finances. Depuis l’installation des autorités issues des urnes et la mise en place des nouvelles institutions de la République, des efforts sont consentis  pour le retour de la cohésion sociale, le vivre ensemble et la réconciliation, conditions de retour à la paix définitive et de la reconstruction économique.

Dans la volonté des autorités centrafricaines d’assurer le relèvement du pays, le gouvernement a privilégié sa coopération avec le FMI pour qu’Il apporte son concours.

« Il est important de rappeler que la République Centrafricaine et le Fonds Monétaire International ont toujours eu une coopération fructueuse. Malgré la crise, le pays a conclu trois programmes d’urgence avec le Fonds Monétaire International et un programme triennal appuyé par une Facilité Élargie de Crédit (FEC) dont l’exécution se déroule d’une manière satisfaisante. Je tiens à rappeler ici, l’engagement du Gouvernement à mettre en œuvre les mesures énoncées lors du Sommet extraordinaire des Chefs D’État d’Afrique Centrale sur la situation Économique et monétaire dans la zone CEMAC, tenu à Yaoundé », a déclaré le président centrafricain, Faustin Archange Touadera lors de la conférence de presse conjointe avec la Directrice du FMI le mardi dernier.

A l’Assemblée Nationale

La Directrice Générale du FMI a rencontré les Députés centrafricains le mercredi 25 janvier, deuxième journée de son séjour à Bangui, afin d’échanger avec les élus de la nation sur leur rôle dans la gestion de fonds publics. Un accent particulier est mis sur la gestion transparente des deniers publics, car le gouvernement a élaboré un Code de transparence et de bonne gouvernance. Ce Code définit les principes et obligations que l’’État doit respecter, dans sa législation comme dans ses pratiques, aussi bien pour la gestion de ses fonds et celle des autres administrations publiques que pour les fonds de l’assistance extérieure, accordés par les institutions internationales ou les pays amis de la RCA. De surcroît, le parlement centrafricain vient d’adopter le projet de loi sur la Haute Autorité chargée de la bonne gouvernance.

Dans leur intervention, les députés centrafricains ont demandé l’allégement des dettes de la République Centrafricaines, et aussi un plan Marchal par le FMI pour l’économie du pays. Le président du parlement centrafricain, Karim Meckassoua, dans son message exhorte le FMI et d’autres partenaires à continuer à soutenir la RCA dans son chemin de la paix et de la relance économique.

« Madame la Directrice Générale, la République Centrafricaine compte sur votre soutien et votre disponibilité à continuer de faire un plaidoyer en sa faveur afin qu’elle ne soit pas oubliée de la solidarité internationale. Je voudrais par ailleurs exhorter votre institution ainsi que d’autres partenaires techniques et financiers à continuer d’appuyer le Gouvernement dans la conduite des réformes structurelles surtout dans le domaine de la gestion des finances publiques », a souligné Abdou Karim Meckassoua.

Dans son intervention devant le parlement, la patronne du FMI rassure les parlementaires et attire leur attention sur leur rôle du contrôle de la gestion des biens publics.

« Je suis venue à Bangui pour prendre un engagement envers votre pays, à un moment où celui-ci aspire à se développer davantage. Je viens vous offrir le soutien total du FMI, sous forme d’aides financières, des conseils, d’assistance technique et de renforcement de vos capacités. A vous, les membres de l’Assemblée nationale, j’adresse un message d’encouragement : vous avez un rôle crucial à jouer en cette période où votre pays aborde un tournant historique », a déclaré devant le parlement centrafricain, Christine Lagarde.

La patronne du FMI a examiné lors de son passage les enjeux économiques de la RCA dont trois point ont été abordés. D’abord, les problématiques propres à tous les pays fragiles qui sortent d’un conflit ; ensuite, les problématiques particulières auxquels le pays est confronté à l’heure de sa reconstruction ;  enfin l’engagement du FMI à l’égard de la population centrafricaine.

Comment le FMI peut-il aider davantage la RCA ?

D’après madame Lagarde, l’aide au renforcement du recouvrement des impôts constitue un élément clé du partenariat existant entre son institution et la République Centrafricaine. D’une manière générale, elle a souligné que la gestion des finances publiques constitue une partie essentielle de la contribution du FMI au renforcement des capacités en gestion macroéconomique en République centrafricaine.  Après 2013, le FMI a soutenu le processus de transition à l’aide de prêts d’urgence, dont le total a avoisiné les 28 millions de dollars.

En juillet dernier, à la demande du gouvernement centrafricain, le Conseil d’administration du FMI a approuvé un accord triennal d’un montant de 120 millions de dollars au titre de la Facilité élargie de crédit.  Ce programme a plusieurs objectifs. Il s’agit notamment de renforcer le recouvrement des recettes, de rendre les dépenses plus efficaces, d’accroître les dépenses sociales et l’investissement dans les infrastructures, d’opérer des réformes, et intensifier la mobilisation de l’aide des partenaires au développement.

« J’aimerais conclure mon propos en réaffirmant que le FMI vous accordera son soutien total dans votre quête de stabilité politique, de meilleure gouvernance et de redressement économique.  Ce qui vaut pour la paix, vaut pour le développement. Je vous assure que le FMI est à vos côtés dans cette voie », a conclu Christine Lagarde.

A l’Université de Bangui

Après sa rencontre avec les députés, Christine Lagarde s’est rendue à l’Université de Bangui où elle a pu échanger avec les étudiants de la Faculté des Sciences économiques et des gestions. Aux nombreuses questions des étudiants, elle a rassuré que le FMI va appuyer le gouvernement afin de résoudre les problèmes des services sociaux de base notamment l’éducation et la santé.

A la Fondation Voix du Cœur

Dans son programme, la Directrice Générale du FMI a rendu visite à la Fondation Voix du Cœur. Sur place, Christine Lagarde a remis à Béatrice Epaye, présidente de la Fondation, une enveloppe  de 4.500.000 FCFA pour soutenir cette structure qui s’occupe des enfants de la rue et des orphelins. La patronne du FMI a bouclé son séjour à Bangui par un déjeuner avec des Femmes centrafricaines représentantes de la Société civile.

L’identité de l’auteur de l’article :

eric-ngaba-docx« Eric NGABA, journaliste de formation à l’université de Bangui/Centrafrique. Licencié en journalisme et rédacteur dans plusieurs organes de presse, il est le Directeur de Rédaction de ce site d’information: http://www.ndjonisango.net   «