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RCA: la Minusca, spectatrice du massacre des civils à Ndélé

EDITORIAL

Par Erick NGABA

Scène de violences armées à Ndélé vue de la caricature @Jimmy Nzeko

Bangui 14 mars 2020—(Ndjoni Sango) : De violents combats armés ont éclaté dans la ville de Ndélé à l’extrême Est de la République centrafricaine. En dépit de la présence des casques bleus de la Minusca, mission onusienne en Centrafrique, les civils habitants ne savent à quel saint se vouer face à la spirale de violence.

Une fois de plus, les casques bleus onusiens de la Minusca viennent de démontrer à la population centrafricaine qu’ils ne sont pas en mesure d’assurer la protection des civils. Les affrontements armés à Ndélé ne sont pas une surprise. La Minusca, tout comme le gouvernement centrafricain, a été alertée sur les signaux d’un probable embrasement de la situation sécuritaire et humanitaire dans cette ville.

Cela semble une volonté de laisser la ville de Ndélé plonger dans les violences. C’est un agenda caché. Cela va profiter à tout ce monde déployé en RCA au nom de la communauté internationale, notamment les ONGs humanitaires qui vont trouver une occasion d’encaisser des fonds auprès des bailleurs, dont une grosse partie de ces fonds vont agrémenter, comme d’habitude, le train de vie de ceux qui sont sensés apporter de l’aide conséquente aux ayant droits.

A Ndélé, des civils tombent sous les balles des hommes armés comme des mouches. Aucune protection n’est assurée. C’est une situation de sauve qui peut. Des sources locales informent qu’aucune patrouille de la Minusca n’est visible dans la ville. Comme dans son fonctionnement sur le terrain, la Minusca n’intervient que pour constater les dégâts, dresser le bilan des dégâts humain et matériel. Comme à Ndélé, on voit les casques bleus filmer les cadres humains qui jonchent le sol.

L’on ne cesse de le dire. Ce ne seront pas les casques bleus de la Minusca, limités dans leurs professionnalismes et les capacités de faire face à l’escalade de violence, qui pourront protéger la population centrafricaine ni pacifier le pays. Sa présence dans le pays n’est qu’un business international. C’est de faire pérenniser cette instabilité. Car, dans ces genres de situation, tout le monde trouve son compte pour préparer la retraite. Si bien que la situation de la République centrafricaine ne peut être stable d’ici demain. Le pays a encore du long chemin à faire.

Puisqu’il y a un manque de volonté et d’engagement de pacifier le pays, la RCA va connaître cette situation d’instabilité peut-être jusqu’à l’infinie. C’est ce qui doit interpeller le peuple centrafricain sur son avenir. Une mission de l’ONU n’a jamais arrivé à pacifier un pays en conflit. Le cas de la Mission onusienne en République démocratique du Congo, pays voisin de la RCA, est une belle illustration.