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RCA: FPRC, UPC et MPC demandent la tenue d’une réunion sur la mise en œuvre de l’accord de paix

Par Cyrille YAPENDE

signature de l'accord de paix entre le gouvernement et les groupes armés le février 2019 à Bangui@photo Erick Ngaba
signature de l’accord de paix entre le gouvernement et les groupes armés le février 2019 à Bangui@photo Erick Ngaba

Bangui 16 janvier 2019—(Ndjoni Sango).Dans un mémorandum adressé aux garants de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation(APPR), en date du 13  janvier, les trois leaders de groupes armés notamment, Nourredine Adam du Front populaire pour la renaissance de Centrafrique (FPRC), Ali Darass de l’Unité pour la paix en Centrafrique (UPC) et Mahamat Alkatim du Mouvement patriotique pour la Centrafrique (MPC) ont exprimé leurs inquiétudes et préoccupations quant à la mise de l’APPR-RCA. Ils proposent en vertu de l’article 34 la convocation d’une réunion de concertation avec le gouvernement afin de trouver des solutions idoines aux problèmes qui freinent selon eux la mise en œuvre dudit accord.

A quelques semaines de l’an 1 de l’APPR-RCA, les trois factions rebelles les plus actives des groupes armés, suite concertation interne, ont sorti une lettre adressée aux garants dudit accord dans laquelle ils ont dressé un bilan accablant de la mise en œuvre de l’accord de paix signé le 6 février 2019.

« Au moment où nous écrivons ce mémorandum, nous réalisons qu’aucune suite n’a été réservée à notre proposition. Nous considérons donc que la réunion de 14 janvier 2020 n’aura pas lieu et tenons ainsi à souligner que les préoccupations et inquiétudes évoquées dans notre lettre du 16 décembre 2019 sont plus que jamais d’actualité. Nous demandons ainsi de repousser la réunion sine die lorsque les conditions et les modalités de notre participation seront réunies », ont-ils rappelé dans cette lettre avant d’entamer les nouvelles préoccupations.

Considérant l’importance de la rencontre et l’ampleur des sujets à débattre, les trois leaders de ces groupes armés, pour faire les points sur les inquiétudes et préoccupations, insistent sur le principe que la réunion doit nécessairement se tenir dans un pays neutre.

En effet, au cas où l’option Khartoum n’obtiendrait l’approbation des garants et des facilitateurs, ils suggèrent, référence faite à la République du Congo ou en Angola, que cette rencontre ait lieu dans un  Etat membre de la CEEAC ou de la CIRGL.

Parmi ces multiples inquiétudes exprimées dans cette même, ses trois signataires de l’APPR craignent que l’APPR-RCA ne vient pas compléter la longue liste des Accords signés qui n’apportent aucune solution au conflit dont les causes demeurent « incontestablement structurelles ».

Ils soulignent que hors, mis l’autosatisfaction du gouvernement, ils constatent déjà un échec. Non seulement les quelques mécanismes ou dispositifs de mise en œuvre déjà mis en place ne sont pas fonctionnels, mais encore ils  déplorent  que rien n’a été fait en ce qui concerne notamment : les arrangements sécuritaires transitoires ; la décentralisation ; l’inclusivité, la citoyenneté et la protection des minorités ; le plan national et sous-régional de la transhumance ; l’harmonisation des grades et sur l’intégration et la réintégration des leaders et des éléments des groupes armés dans l’armée et dans la fonction publique de l’Etat et territoriale ; la mise en place de la commission vérité, justice, réconciliation et réparation (CVJRR)…

Le gouvernement et la MINUSCA ont été épinglés dans cette lettre adressée aux garants par les Nourredine Adam, Ali Darras et Mahamat Alkatim  qui  regrettent également que le gouvernement ne soit pas un acteur cohérent dans ses agissements.

Pour eux, le soutien que le gouvernement aurait apporté aux attaques des positions du FPRC à Am-Dafock, à Birao et à Tissi-Sarayebo, sous le silence complice de la MINUSCA, est un comportement regrettable qui ouvre la voie à tous les retournements.

Aussi, « faut-il que le rôle du gouvernement dans les événements tragiques qui ont secoué le quartier dit « PK5 », dans le 3ème arrondissement de Bangui, n’est pas blanchi de toute suspicion. A cela s’ajoute la frustration conséquente au mépris envers les membres du gouvernement issus des groupes armés et les conditions de travail humiliantes auxquelles ils sont soumis. La liste des faits et gestes dénotant la mauvaise foi du Président de la République Centrafricaine et son gouvernement est très longue », ont déploré les signataires de ce mémorandum qui fustigent même leurs représentants qui sont dans le gouvernement issu de l’APPR.

Ils demandent avec insistance au gouvernement de sortir de la surdité, la négligence, le tâtonnement, et l’entêtement qui le caractérisent ; et d’honorer ses engagements tels que mentionnés dans l’APPR-RCA et ses annexes afin de mettre fin aux souffrances des populations et aux violences armées.

Ils pensent fermement que le Président de la République Centrafricaine, Faustin Archange Touadera  et son gouvernement doivent concentrer leur énergie à la mise en œuvre de l’APPR-RCA qui a été signé le 6 février 2019 entre le gouvernement et les 14 groupes armés à Bangui.