
Par Jolidon Josiana TCHECKOE
Bangui 11 mars 2025—(Ndjoni Sango): Bien que les femmes représentent environ 51% de la population centrafricaine, leur faible participation politique est préoccupante. Les femmes demeurent une majorité silencieuse qui, de ce fait, ne mesure pas l’impact que leur participation, pleine et effective, pourrait avoir sur la vie publique.
Dans la configuration actuelle, le potentiel social dynamisant et régulateur des femmes n’est pas suffisamment capitalisé dans le champ politique pour préserver l’ordre et la paix, améliorer la gouvernance économique et politique, et construire une société plus juste et égalitaire.
A cet effet, la promulgation de la loi sur la parité qui fixe un quota d’au moins 35% de représentativité féminine à toutes les instances de prise des décisions, le niveau de représentativité des femmes à des postes de responsabilité, permet de se rapprocher de la cible 50% à l’Horizon 2027, selon la Loi sur la parité, ou encore les ODD de 2030.
Aujourd’hui, on compte à peine 5 femmes sur une équipe de 32 membres du gouvernement, soit 15,6%, 17 femmes sur 140 députés, soit 12,14%, à l’Assemblée nationale, 1 femme sur 7 gouverneurs, soit 14,2%, 4 femmes sur 13 préfets, soit 30,7%; moins de 10% des femmes magistrats entre autres.
La participation de la femme au processus électoral
La participation des femmes aux processus électoraux demeure également préoccupante. En effet, au cours des élections législatives et présidentielle des 2020/2021, les taux de participation des femmes n’étaient pas proportionnels à leur majorité démographique : femmes inscrites sur les listes électorales : 46,7%, pourcentage des femmes candidates: 15,3%; pourcentage des femmes commissaires électorales: 36,6%; femmes membre des démembrements locaux de l’ANE: 29%.
Ainsi, les femmes centrafricaines continuent de faire face à plusieurs barrières et obstacles qui entravent solidement leur participation à des processus électoraux. La violence à l’égard des femmes en politique et en période électorale reste l’un des obstacles les plus sérieux à la réalisation des droits politiques des femmes aujourd’hui.
Par ailleurs, la disproportion des ressources matérielles et financières entre les hommes et les femmes (pauvreté féminine plus prononcée : 81% pour les femmes contre 69% pour les hommes) dans un contexte où prolifèrent et prospèrent des dynamiques d’achat des consciences de nature à plomber davantage la participation électorale des femmes.
En outre, l’analphabétisme dominant chez les femmes et la sous scolarisation des filles qui débouchent inéluctablement sur l’absence d’une culture politique et une méconnaissance du cadre normatif. Les femmes souffrent d’un faible accès à l’information et aux opportunités politique.