RCA: la candidature de Marie Henri Dondra ravive les soupçons et indigne l’opinion

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Henri-Marie Dondra, le premier ministre centrafricain en 2020 @photo Erick Ngaba

Par Leila MBOMBO

Bangui 28 novembre 2025—(Ndjoni Sango) : La validation de la candidature de Marie Henri Dondra à la présidentielle continue de provoquer une onde de choc dans le paysage politique centrafricain. Bien que les organes électoraux l’aient autorisé à concourir, cette décision est largement perçue comme un revers pour l’éthique publique et un signal inquiétant envoyé au pays.

Pour de nombreux Centrafricains, Dondra reste associé à un passé trouble. Les accusations persistantes de mauvaise gestion financière et d’utilisation douteuse de fonds publics, qui n’ont jamais cessé de le poursuivre, ternissent profondément son image.

Dans un pays où la corruption ronge les institutions, beaucoup voient dans son retour politique une provocation et une menace pour les efforts de moralisation de la vie publique.

«Autoriser quelqu’un qui a traîné autant de soupçons à briguer la magistrature suprême, c’est banaliser l’impunité», s’indigne un acteur de la société civile.

Les critiques s’intensifient autour de l’origine des ressources qui alimentent sa campagne. Les donations d’entreprises étrangères, jugées suspectes par plusieurs analystes, combinées à l’usage présumé de réseaux administratifs, alimentent un doute profond sur son indépendance et sa transparence.

La situation frôle le cynisme : un candidat frappé par des soupçons liés aux finances publiques mène aujourd’hui une campagne dont le financement interroge à nouveau.

Au-delà des frontières, l’image de la République centrafricaine pourrait également pâtir de cette candidature controversée. Dans un contexte de reconstruction institutionnelle, la présence d’un candidat au passif aussi lourd envoie un message « désastreux », selon plusieurs observateurs internationaux.

« Comment prétendre bâtir un État de droit en admettant des figures qui symbolisent tout ce que les Centrafricains veulent dépasser ? », questionne un expert en gouvernance.

Face à cette crise de confiance, beaucoup jugent les promesses anticorruption de Marie Henri Dondra totalement déconnectées de sa propre histoire. Pour une grande partie de la population, ces engagements relèvent davantage de la communication politique que d’une volonté réelle de réforme.

Dans un pays qui aspire à tourner la page des pratiques opaques et des dirigeants contestés, la candidature de Dondra apparaît comme une anomalie. Elle symbolise le retour des vieux réflexes politiques, ceux qui ont freiné pendant des décennies la marche du pays vers une gouvernance responsable.