Éditorial
Par Erick NGABA
Bangui 4 janvier 2025—(Ndjoni Sango): Au mépris des règles démocratiques les plus élémentaires, Anicet Georges Dologuelé a choisi la voie de la provocation et de la surenchère politique. En s’autoproclamant vainqueur de l’élection présidentielle du 28 décembre 2025, alors que les institutions compétentes n’ont encore proclamé les résultats, le candidat malheureux s’illustre par une posture irresponsable qui menace directement la stabilité du pays.
Cette fuite en avant intervient dans un contexte où les résultats partiels disponibles donnent le président sortant, Faustin-Archange Touadéra, largement favori. Incapable d’assumer la réalité politique qui se dessine, Dologuelé semble préférer le déni et la contestation anticipée, au risque de rallumer les braises d’une crise postélectorale que la Centrafrique ne peut se permettre.
Il ne s’agit plus ici d’un simple désaccord politique, mais d’un acte de défiance grave envers les institutions républicaines. En court-circuitant l’Autorité nationale des élections et les mécanismes légaux de proclamation des résultats, le candidat Dologuelé s’arroge un pouvoir qu’il n’a pas et cherche manifestement à imposer un rapport de force hors du cadre démocratique.
Cette stratégie est d’autant plus condamnable que la Centrafrique porte encore les stigmates de crises politiques nourries par des comportements similaires : refus des résultats, discours incendiaires, manipulation de l’opinion et instrumentalisation de la rue.
Prétendre aujourd’hui défendre la démocratie tout en piétinant ses règles fondamentales relève d’une hypocrisie politique assumée.
Face à une telle dérive, l’indulgence serait une faute. Les acteurs politiques, la société civile et les partenaires internationaux doivent nommer les choses avec clarté. Car, se proclamer vainqueur sans légitimité institutionnelle est une tentative de déstabilisation. La démocratie ne se proclame pas à coups de déclarations unilatérales, elle se construit dans le respect des lois et des procédures.
La Centrafrique n’a pas besoin d’aventurisme politique ni de calculs personnels dictés par l’échec électoral. Elle a besoin de responsabilité, de retenue et de respect scrupuleux des institutions.
En s’en affranchissant, Anicet Georges Dologuelé prend une lourde responsabilité historique dont le pays pourrait, une fois encore, payer le prix.






































