Par Juste MBANGO
Bangui 7 janvier 2026—(Ndjoni Sango) : La demande d’annulation des élections formulée par l’opposant centrafricain, Anicet Georges Dologuélé, relance le débat politique en République centrafricaine. Au-delà de la portée juridique et institutionnelle d’une telle requête, on se pose la question de savoir si un nouveau scrutin est-il financièrement et matériellement réalisable, et surtout, qui en supporterait le coût ?
Organiser des élections générales en République centrafricaine représente un défi majeur. Les scrutins groupés mobilisent des moyens considérables, dont impression du matériel électoral, déploiement logistique sur l’ensemble du territoire, sécurisation des bureaux de vote, rémunération des agents électoraux et accompagnement technique des partenaires internationaux.
Selon les estimations généralement avancées lors des précédents cycles électoraux, le coût global se chiffre en plusieurs dizaines de milliards de francs CFA.
Dans ce contexte, l’hypothèse d’une annulation suivie d’une nouvelle organisation du scrutin soulève de sérieuses interrogations. Les finances publiques centrafricaines, déjà fortement sollicitées, peinent à absorber une telle charge supplémentaire sans un appui extérieur massif. Or, aucun partenaire technique ou financier n’a, à ce stade, exprimé une disponibilité claire pour financer un nouveau processus électoral.
La question se pose alors de savoir si le requérant lui-même dispose des moyens nécessaires pour assumer un tel financement. Anicet Georges Dologuélé qui est une figure de l’opposition, n’a jamais indiqué être en mesure de prendre en charge, même partiellement, le coût d’un nouveau scrutin. Pour de nombreux observateurs, l’appel à l’annulation est une perte de temps pour ce candidat en mauvaise posture.
Sur le plan institutionnel, l’annulation des élections ouvrirait également une période d’incertitude, avec des risques pour la stabilité politique et la continuité de l’État. Dans un pays marqué par des fragilités sécuritaires et économiques persistantes, un vide institutionnel prolongé pourrait compromettre les efforts de stabilisation et de consolidation démocratique.
Si le droit de recours fait partie intégrante du jeu démocratique, la faisabilité concrète d’un nouveau scrutin reste une équation complexe. Sans garanties financières solides ni consensus politique large, l’hypothèse d’élections à refaire apparaît, pour de nombreux analystes, comme difficilement soutenable dans le contexte actuel de la République centrafricaine qui a besoin d’avancer pour rattraper les années de retard de son développement.






































