EDITO:
Par Erick NGABA
Bangui 12 janvier 2026—(Ndjoni Sango) : À chaque échéance politique décisive, le scénario se répète avec une régularité presque mécanique d’une opposition destructive, dont la contestation des résultats, dénonciation d’une « mascarade électorale », remise en cause des institutions, et la mise en accusation des partenaires internationaux.
Le dernier point de presse du Bloc républicain pour la défense de la Constitution (BRDC) du lundi 12 janvier courant n’échappe pas à cette logique d’usure, révélant une opposition plus désemparée qu’inspirée, plus incantatoire que constructive.
Depuis 2022, le BRDC se présente comme le rempart de la démocratie centrafricaine. Pourtant, à la lecture attentive de sa déclaration, un constat se dégage. Aucune proposition concrète, aucun projet alternatif crédible, aucun début de vision pour le pays. À la place, un discours figé, déconnecté des réalités du terrain et fondé essentiellement sur le rejet systématique de tout processus qui ne lui est pas favorable.
La stratégie est désormais bien connue. Il s’agit d’appeler au boycott, puis utiliser l’abstention comme preuve de sa prétendue majorité populaire. Une pirouette politique qui confine à la contradiction.
Comment revendiquer la légitimité du peuple tout en l’invitant à déserter les urnes, seul espace reconnu d’expression démocratique ? Cette posture traduit moins une résistance que l’incapacité chronique à convaincre par les idées.
Le BRDC s’érige également en procureur universel, accusant tour à tour l’Autorité nationale des élections, le Conseil constitutionnel, la MINUSCA, l’Union africaine et même l’Union européenne. Une fuite en avant rhétorique qui évite soigneusement l’introspection. Jamais un mot sur ses propres échecs électoraux, sur son absence de structuration sur le terrain, sur son incapacité à fédérer au-delà des cercles habituels.
En se félicitant du non-engagement de l’Union européenne dans le financement des élections, le BRDC révèle surtout une lecture sélective et opportuniste de la réalité internationale.
Les partenaires du pays privilégient aujourd’hui la stabilité, la paix et la continuité institutionnelle, face à une opposition qui peine à se renouveler et à proposer autre chose qu’un éternel retour au passé.
Plus grave encore, le discours alarmiste sur une prétendue « dictature » contraste avec les faits de la pluralité des candidatures, campagnes électorales ouvertes, institutions fonctionnelles et reconnaissance des résultats par de nombreux observateurs et institutions internationales.
Brandir la menace permanente de l’effondrement démocratique sans jamais offrir de solution crédible finit par lasser une population davantage préoccupée par la sécurité, le développement et l’amélioration de ses conditions de vie.
La République centrafricaine a payé un prix trop lourd pour les aventures politiques stériles. Le pays avance, lentement mais résolument, et ne peut rester prisonnier d’une opposition figée dans la dénonciation permanente et de discours de haine.
La démocratie ne se construit pas dans le boycott, encore moins dans l’invective, mais dans la confrontation des projets, la participation aux institutions et le respect du choix des urnes.
À force de refuser le verdict populaire, le BRDC prend le risque de se marginaliser davantage, laissant le champ politique à ceux qui, imparfaits certes, mais présents et actifs, assument la responsabilité de gouverner.
L’heure n’est plus aux slogans, mais au travail politique réel. Faute de quoi, cette opposition continuera d’incarner non pas une alternative, mais une impasse.




































