RCA: et si l’opposition politique mettait de côté les égos pour contribuer au développement national

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Les leaders de la plateforme de l'opposition politique BRDC

Par Arnold Ouazegbanga

Bangui 16 janvier 2026 – (Ndjoni Sango) ; En République centrafricaine, le débat sur le rôle et la responsabilité de l’opposition politique reste plus que jamais d’actualité. Alors que la démocratie repose sur la pluralité des opinions et la confrontation des idées, de nombreux observateurs déplorent une opposition jugée trop souvent radicale, peu constructive et rarement engagée dans une dynamique de développement national.

Dans un État en reconstruction comme la RCA, le développement ne peut être l’affaire d’un seul camp politique. Il exige l’implication de tous : majorité, opposition, société civile et citoyens. Pourtant, dans la pratique, l’opposition centrafricaine est fréquemment perçue comme enfermée dans une posture de rejet systématique de toute action gouvernementale, sans reconnaissance des avancées réalisées, même lorsque celles-ci bénéficient directement aux populations.

Plusieurs analystes de la vie politique nationale soulignent qu’il est rare de voir un parti d’opposition saluer, ne serait-ce qu’occasionnellement, les réalisations du pouvoir en place. Une attitude qui, selon eux, alimente une polarisation excessive du débat politique et freine l’émergence d’un consensus minimal autour des priorités nationales.

Autre point de préoccupation, le silence observé de certains partis d’opposition face aux menaces des groupes armés qui tentent souvent de créer le trouble fragilisant la sécurité. L’absence de condamnation claire de ces exactions est perçue par une partie de l’opinion comme un manque de responsabilité politique.

« Dans d’autres pays, l’intérêt général prime sur les calculs partisans. L’opposition joue son rôle de veille démocratique tout en soutenant les initiatives allant dans le sens du développement national. En Centrafrique, l’opposition est trop souvent assimilée à l’adversité, voire à l’hostilité systématique », confie un observateur sous couvert d’anonymat.

Ce débat intervient dans un contexte post-électoral marqué par la tenue récente des élections générales quadruples et la publication des résultats provisoires. Il y a donc la question de la capacité de la classe politique, dans son ensemble, à dépasser les intérêts individuels au profit de la stabilité et du progrès collectif.

Pour de nombreux Centrafricains, l’heure est venue d’une introspection politique. Mettre de côté les égos, privilégier le dialogue et participer activement au processus de développement national pourraient permettre à l’opposition de jouer pleinement son rôle démocratique, au bénéfice du peuple et de l’avenir de la République centrafricaine.