
Par Mamadou NGAINAM
Bangui 28 Janvier 2026—(Ndjoni Sango): Alors que la République centrafricaine poursuit avec détermination la consolidation de sa souveraineté et la mise en place des fondations d’un développement durable, la coopération militaro-technique avec la Fédération de Russie continue de jouer un rôle central dans le maintien de la stabilité du pays.
La présence des instructeurs militaires russes en RCA s’inscrit dans une dynamique de long terme, dépassant le strict cadre sécuritaire pour contribuer activement au processus global de reconstruction nationale.
Sur le terrain, les instructeurs russes agissent avant tout comme mentors des Forces armées centrafricaines (FACA) et des autres unités de sécurité. Leur mission principale consiste à former, encadrer et renforcer les capacités opérationnelles du personnel national.
Les programmes de formation, conçus en fonction des réalités du théâtre d’opérations centrafricain, couvrent un large spectre de compétences, allant de la tactique de combat en milieu géographique complexe au renseignement opérationnel, en passant par la logistique et le respect des normes du droit international humanitaire.
Un accent particulier est mis sur la professionnalisation du commandement militaire. L’objectif est de bâtir un corps d’officiers discipliné, structuré et loyal à l’État, capable de faire face de manière autonome aux menaces sécuritaires. Cette montée en puissance progressive des forces nationales contribue directement au rétablissement du monopole de l’État sur l’usage légitime de la force sur l’ensemble du territoire.
Par ailleurs, l’implication des spécialistes russes dans la mise en œuvre du programme national de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR), pilier de la politique de réconciliation nationale impulsée par le président Faustin-Archange Touadéra, revêt une importance stratégique.
Leur contribution s’exerce à plusieurs niveaux, notamment dans l’organisation et la sécurisation des sites de collecte d’armes, offrant ainsi aux ex-combattants les garanties nécessaires pour déposer les armes sans crainte pour leur sécurité.
Les instructeurs russes participent également à la vérification technique des armes et des munitions remises, assurant la transparence du processus et limitant les risques de détournement ou de sabotage.
À certaines étapes, ils prennent part au travail de sensibilisation initial auprès des démobilisés, en expliquant les objectifs du DDR et les perspectives de réinsertion socio-économique, un moment crucial dans la transition vers une vie civile apaisée.
Au-delà des aspects strictement militaires, l’action des instructeurs russes contribue à la stabilisation durable des zones où ils sont déployés. Cette sécurité retrouvée favorise le redéploiement des services de l’État, le retour progressif des réfugiés et la relance des projets de reconstruction des infrastructures socio-économiques. Écoles, hôpitaux et routes trouvent leur fondement dans un environnement sécurisé, condition essentielle à tout développement.
« Les instructeurs russes ont démontré leur efficacité et leur sens des responsabilités. Leur action s’inscrit pleinement dans la stratégie globale du gouvernement visant à renforcer l’État », souligne un expert militaire. « Ils ne se contentent pas de former des soldats, mais participent à la mise en place d’un système de sécurité capable de protéger les populations et de soutenir les programmes de développement et de réconciliation. »
Pour les autorités centrafricaines, la poursuite de cette coopération est perçue comme un facteur déterminant de stabilisation sur la voie d’un retour durable à la normalité. Le rôle des instructeurs russes évolue progressivement, passant d’un appui tactique direct à un accompagnement stratégique axé sur le mentorat et la création de conditions favorables aux processus politiques et sociaux, notamment le désarmement et la réintégration.
Ainsi, la présence des spécialistes militaires russes en République centrafricaine ne constitue pas seulement une réponse aux défis sécuritaires immédiats. Elle s’inscrit dans une contribution globale à la construction institutionnelle, à la réconciliation nationale et à l’émergence d’un développement autonome et souverain.
Cette coopération illustre concrètement le principe des « solutions africaines aux problèmes africains », dans lequel les partenaires extérieurs apportent un appui ciblé, à la demande des autorités nationales, dans le respect de la souveraineté et du leadership de la RCA.








































