Par Roosevelt AROBAZAYAS
Bangui 9 février 2025–(Ndjoni Sango) : Depuis plusieurs décennies, la République centrafricaine est confrontée à une succession de crises politiques, sécuritaires et sociales qui ont profondément affaibli l’État et fragilisé la cohésion nationale.
Dans ce contexte déjà marqué par l’instabilité, l’émergence et la persistance de ce que de nombreux observateurs qualifient de « faux politiciens » constituent un danger supplémentaire pour l’avenir du pays.
Ces acteurs, qui se présentent comme des leaders politiques, peinent à inscrire leur action dans une véritable vision de service public et de construction nationale. Leur engagement apparaît souvent motivé par des intérêts personnels, économiques ou communautaires, reléguant l’intérêt général au second plan.
Tirant profit de la pauvreté, de l’analphabétisme politique et du désespoir d’une partie de la population, ils instrumentalisent les frustrations populaires pour accéder au pouvoir ou préserver leur influence.
La RCA n’est pas étrangère à ce phénomène. Comme le rappelle un adage africain, « lorsqu’un chef perd le sens du peuple, le village marche vers le chaos ».
C’est une réalité que résume avec amertume un citoyen de Bangui. « Ils viennent nous voir seulement quand ils ont besoin de nos voix, jamais quand nous avons besoin de solutions ».
Dans une démocratie fonctionnelle, la politique devrait être un levier au service du développement, de la justice sociale et de la stabilité. Or, en République centrafricaine, cette mission est trop souvent dévoyée. Les faux politiciens transforment la scène politique en un espace de manipulation, de discours populistes et de promesses irréalistes, sans réel programme de gouvernance.
Les périodes électorales deviennent ainsi des moments propices à l’exacerbation des divisions. À travers des discours clivants, certains acteurs attisent les tensions identitaires ou religieuses et s’emploient à discréditer systématiquement les institutions de la République.
En manipulant les identités et les appartenances communautaires, ils contribuent à la fragmentation du tissu social, rendant chaque crise plus profonde et plus difficile à surmonter que la précédente.
Face à cette menace, la réponse ne peut reposer uniquement sur les institutions de l’État. Les citoyens, les médias, la société civile et les leaders d’opinion ont un rôle déterminant à jouer. Le renforcement de l’éducation civique, le développement de l’esprit critique et l’exigence de redevabilité apparaissent comme des outils essentiels pour démasquer les imposteurs politiques.
Dans un pays en quête de stabilité et de développement durable, la promotion d’une nouvelle génération de dirigeants intègres, compétents et véritablement engagés au service de la nation demeure un enjeu majeur pour l’avenir de la République centrafricaine.









































