Par Marly Pala
Bangui 11 février 2026 – (Ndjoni Sango) : Le phénomène des assassinats lors de vols à main armée connaît une recrudescence inquiétante ces derniers temps à Bangui et dans ses périphéries. Une situation qui suscite une vive inquiétude au sein de la population, notamment chez les conducteurs de moto-taxi, principales victimes de ces actes criminels, qui en appellent à l’intervention renforcée des forces de sécurité.
Alors que le gouvernement centrafricain multiplie les efforts pour le retour durable de la stabilité et de la sécurité, certains individus malintentionnés continuent de saper ces acquis.
Cette recrudescence de la criminalité se manifeste par une augmentation notable des actes de banditisme et d’assassinats enregistrés dans plusieurs quartiers de la capitale et des zones environnantes.
Selon plusieurs témoignages recueillis sur le terrain, les conducteurs de taxi-moto figurent parmi les cibles les plus exposées, en raison de leur mobilité et de leurs activités nocturnes, exercées dans le but de subvenir aux besoins quotidiens de leurs familles.
Un témoin oculaire, ayant requis l’anonymat, rapporte une scène dramatique survenue dans le secteur de SICA 1, derrière le lycée Marie-Jeanne Caron : « Ce phénomène devient de plus en plus récurrent ces derniers temps, notamment à cause des délestages intempestifs qui plongent les quartiers dans l’obscurité. Je suis gardien de nuit devant une concession non loin du lycée Caron. Dans la nuit du vendredi 30 janvier, nous avons entendu un jeune homme, âgé d’une trentaine d’années, crier au secours. Lorsque nous sommes sortis avec une torche, nous l’avons trouvé en état de choc, demandant où se trouvait sa moto, avant de s’effondrer. Une dame du voisinage a aussitôt alerté la gendarmerie, qui est arrivée une dizaine de minutes plus tard pour l’évacuer à l’hôpital. Malheureusement, le lendemain, nous avons appris qu’il était décédé des suites d’une injection qui lui aurait été administrée par ses agresseurs. Il était père de trois enfants. C’est vraiment douloureux. Il faut que le gouvernement renforce les patrouilles dans les zones non éclairées afin de protéger les populations. »
À titre de rappel, les actes de braquage avaient sensiblement reculé par le passé, notamment grâce à l’installation de lampadaires solaires dans plusieurs quartiers. Toutefois, la panne ou l’arrêt de fonctionnement de nombreux équipements d’éclairage public replonge aujourd’hui certains secteurs dans l’obscurité, créant un environnement favorable aux activités criminelles.
Face à cette situation, de nombreux citoyens appellent à la reprise et au renforcement des patrouilles mixtes et légères des forces de défense et de sécurité, particulièrement dans les zones mal éclairées. Une mesure jugée essentielle pour freiner l’ampleur de ce phénomène qui instille la peur et menace le quotidien de milliers de jeunes travailleurs du secteur des taxi-motos.









































