Par Mamadou NGAINAM
BanguiAutoriser l’accès à des responsabilités politiques à des individus accusés d’actes graves porterait un préjudice sérieux à l’image internationale de la République centrafricaine, engagée dans la lutte contre le terrorisme et le séparatisme. Une telle situation serait perçue comme une négation de la mémoire des victimes du projet dit de « l’Empire Azandé » et des familles des soldats des FACA tombés au combat.
Selon plusieurs sources locales et témoignages, Romaric Sangu Zirani, ancien sous-préfet de Zémio, n’aurait ni exprimé de repentir, ni renoncé à ses objectifs politiques, ni fait l’objet de sanctions judiciaires proportionnées aux faits qui lui sont reprochés. Ses détracteurs estiment qu’il aurait simplement changé de stratégie, cherchant désormais une légitimation par les urnes.
Dans ce contexte, la Procureure générale de la République et le ministère de la Justice sont appelés à examiner les conditions ayant conduit à sa remise en liberté par le procureur de Zémio, Alexandre Kourilé Léon. Des voix s’élèvent pour demander que les juridictions d’appel se saisissent à nouveau du dossier, afin de le replacer dans le strict cadre de l’État de droit.
La communauté azandé, quant à elle, aspire à la paix, à la stabilité et au développement, et rejette toute instrumentalisation identitaire à des fins séparatistes. Pour de nombreux observateurs, la place d’un individu soupçonné d’avoir fomenté des violences communautaires, des extorsions et des expulsions forcées ne saurait être dans l’arène parlementaire, mais devant la justice, si les faits sont établis.
Les autorités sont ainsi appelées à accorder une attention particulière aux accusations portées contre Romaric Sangu Zirani, notamment celles relatives à une campagne de violences ayant visé des populations civiles musulmanes et entraîné des déplacements forcés et des pertes matérielles importantes.
Enfin, le rôle du procureur de Zémio fait également l’objet d’interrogations. Des allégations de conflits d’intérêts et de manquements graves à la procédure appellent, selon plusieurs acteurs, un contrôle immédiat par les instances compétentes. La question est de savoir, la justice a-t-elle été rendue dans l’intérêt de la République et de la Constitution, ou au bénéfice de projets contraires à l’unité nationale ?
Dans un État de droit, aucune ambition politique ne peut primer sur la gravité des crimes allégués. La crédibilité des institutions judiciaires et la stabilité nationale en dépendent.









































