RCA: le gouvernement dénonce une dérive politique à propos de la milice «Azandé Ani Kpi Gbé»

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Maxime Balalou, Ministre de la communication et des médias, porte-parole du gouvernement centrafricain

Par Alfred Yemetchipa

Bangui 12 février 2026 – (Ndjoni Sango): Le gouvernement centrafricain a levé toute ambiguïté sur la nature de la milice Azandé Ani Kpi Gbé. Lors de sa conférence de presse hebdomadaire du lundi 9 février 2026 à Bangui, le porte-parole du gouvernement, Maxime Balalou, a qualifié ce groupe armé de formation « à connotation politique clairement affirmée » et l’a officiellement déclaré hors-la-loi.

Par cette prise de position sans détour, l’exécutif estime que la question dépasse désormais le simple cadre de la sécurité locale pour s’inscrire dans un défi direct lancé à l’autorité de l’État. Depuis plusieurs mois, les débats autour de cette milice oscillaient entre revendications communautaires et soupçons d’agenda politique.

Pour le gouvernement, la ligne rouge est désormais franchie : aucun groupe armé structuré, évoluant en dehors du cadre légal et s’inscrivant dans une dynamique politique, ne peut prétendre à une quelconque légitimité.

Au-delà des mots, c’est le principe fondamental du monopole de la violence légitime qui est en jeu. Laisser prospérer des groupes armés à coloration politique, selon les autorités, reviendrait à consacrer une fragmentation dangereuse du pouvoir et à affaiblir les fondements mêmes de la République. « Une démocratie ne peut accepter que les armes deviennent un instrument d’influence politique », martèle l’exécutif.

Si le gouvernement reconnaît l’existence de facteurs profonds favorisant l’émergence de telles structures, notamment le sentiment d’abandon, l’insécurité persistante ou les tensions locales, il estime qu’aucune frustration, aussi légitime soit-elle, ne saurait justifier la militarisation de l’espace politique. Lorsque les armes entrent dans l’arène politique, avertit-il, le débat démocratique recule.

En déclarant officiellement la milice Azandé Ani Kpi Gbé « hors-la-loi », le gouvernement affiche une fermeté qu’il juge indispensable pour réaffirmer le primat de la loi.

Cette position, selon le porte-parole du gouvernement, devra désormais se traduire par des actes cohérents, à la fois fermes et responsables, car l’enjeu dépasse largement le cas d’une seule milice. Il touche à l’essence même de l’État républicain, à sa souveraineté et à la légitimité de l’usage de la force au service d’un projet collectif.