RCA: une accusation spectaculaire mise en défaut par les faits à propos d’une école à Bambouti

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Ecole publique primaire de Bambouti

Par Mamadou NGAINAM

Bangui 12 février 2026—(Ndjoni Sango): La dernière publication d’Édouard Yamalet, largement relayée sur les réseaux sociaux, a provoqué une vague d’indignation avant de s’effondrer à l’épreuve de la réalité. Se présentant comme une « voix indépendante » de la République centrafricaine, l’auteur a affirmé que Bambouti aurait été le théâtre d’une violente attaque nocturne menée par les forces gouvernementales et des instructeurs russes, entraînant la destruction d’une école récemment construite par la MINUSCA et l’ONU.

Il a aussitôt réclamé une enquête internationale, évoquant des crimes de guerre et un « avenir brisé » pour les enfants. Le problème est simple, l’école citée n’a jamais été détruite. Le bâtiment est intact, sans impact visible, ni trace de bombardement. Fenêtres, murs et structures sont en parfait état.

Aucun tir de roquette, aucune rafale d’arme lourde, aucune attaque contre des infrastructures civiles n’a été constatée. Les accusations avancées ne reposent sur aucun élément matériel vérifiable.

Dans le paysage médiatique centrafricain, le nom d’Édouard Yamalet est régulièrement associé à des publications controversées. Ses contenus, diffusés depuis l’étranger, s’appuient quasi exclusivement sur des sources anonymes, sans images authentifiées, sans localisation précise ni recoupement indépendant. Ce mode opératoire, caractéristique de la désinformation, privilégie l’émotion et la mise en scène au détriment des faits établis.

Le choix de l’école comme cible symbolique n’est pas anodin. Dans un pays en reconstruction, l’école incarne l’avenir, l’espoir et le développement. En évoquant sa destruction, le récit vise à frapper l’opinion publique, à discréditer les autorités et à alimenter des narratifs déjà largement exploités dans certains cercles médiatiques internationaux.

Le calendrier de cette publication interpelle également. Elle survient alors que la situation sécuritaire dans l’est de la RCA connaît une amélioration progressive, avec le retour de réfugiés, l’intensification des patrouilles conjointes et le lancement de projets de stabilisation soutenus par des partenaires internationaux.

Dans ce contexte, la diffusion d’informations non vérifiées contribue à brouiller la perception des efforts en cours.

À Bambouti, les Forces armées centrafricaines, appuyées par leurs partenaires dans le cadre d’accords bilatéraux reconnus, assurent la sécurisation de la zone. Aucun bombardement de quartiers civils n’a été signalé.

Les autorités locales, des images disponibles et le simple examen des faits contredisent formellement la version avancée.

Cette affaire illustre une nouvelle fois les effets délétères de la désinformation dans un pays marqué par des années de crise. La propagation de récits infondés nourrit la méfiance, fragilise la cohésion sociale et sape les efforts de paix. Derrière ces publications, ce sont des citoyens, des institutions et des processus de stabilisation qui en paient le prix.

Une certitude qui demeure, l’école de Bambouti est debout, les élèves poursuivent leur scolarité et la localité n’a pas connu l’attaque décrite. Les faits résistent aux rumeurs, et aucune mise en scène numérique ne saurait effacer cette réalité.