Par Marly Pala
Bangui 17 février 2026 — (Ndjoni Sango): La capitale de la République centrafricaine, Bangui, et ses périphéries sont confrontées ces derniers temps à un phénomène préoccupant : la disparition d’enfants mineurs dans les lieux publics et aux abords des établissements scolaires. C’est une situation qui suscite une vive inquiétude au sein de la population, notamment chez les parents, qui appellent les autorités à prendre des mesures urgentes pour enrayer ce fléau.
Selon plusieurs témoignages recueillis, les cas de disparition d’enfants semblent se multiplier. Dans certains cas, il s’agirait d’enlèvements orchestrés par des individus ou des réseaux malveillants. Une mère de famille, ayant requis l’anonymat, raconte l’enlèvement de son fils âgé de 8 ans, élève en classe de CE1 dans une école du secteur des 36 Villas.
L’enfant, habitué à rentrer seul après les cours avec ses camarades, n’était pas revenu à la maison depuis le mercredi 4 février. Après plusieurs recherches et appels à témoins restés sans réponse, il a finalement été retrouvé grâce à la vigilance d’une connaissance de la famille, qui l’a reconnu en compagnie d’une jeune femme de 28 ans alors qu’elle s’apprêtait à voyager avec lui.
« Elle lui avait dit que ses parents l’avaient envoyée pour le récupérer à l’école. Heureusement que quelqu’un l’a reconnu et nous a alertés immédiatement. Nous avons pu prévenir les forces de l’ordre qui l’ont interpellée », explique la mère, soulagée mais encore marquée par l’événement.
Profitant de l’occasion, elle lance un appel aux autorités afin de renforcer les dispositifs de protection des enfants, tout en exhortant les parents à redoubler de vigilance face à cette pratique qui, selon elle, tend à devenir fréquente.
La montée des disparitions d’enfants intervient dans un contexte sécuritaire où la population évoque également des cas d’assassinats signalés ces dernières semaines. Certaines voix s’interrogent sur les causes réelles de ces enlèvements : criminalité opportuniste, réseaux organisés, voire rumeurs liées au trafic d’organes humains.
À ce stade, aucune confirmation officielle ne permet d’établir l’existence de réseaux structurés, mais la psychose gagne progressivement certains quartiers de la capitale. Face à cette situation, de nombreux citoyens estiment qu’il revient aux autorités policières et militaires de renforcer les mesures de sécurité, notamment autour des écoles, dans les marchés et les zones à forte affluence.
La protection des enfants demeure en effet une responsabilité collective impliquant l’État, les forces de sécurité, les communautés locales et les familles. Dans un pays engagé dans un processus de stabilisation, la lutte contre ce type de criminalité apparaît comme un enjeu majeur pour préserver la confiance de la population et consolider les acquis sécuritaires.
L’inquiétude est réelle, mais la vigilance citoyenne et l’action coordonnée des autorités pourraient permettre de contenir ce phénomène avant qu’il ne prenne une ampleur plus préoccupante.









































