RCA: les ressortissants de Bossangoa dénoncent les manœuvres de Francis Bozizé

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Par Juste MBANGO

Bangui 19 février 2026—(Ndjoni Sango): Des ressortissants de la ville de Bossangoa sont montés au créneau pour condamner fermement la récente déclaration attribuée à Francis Bozizé, ancien ministre délégué à la Défense nationale et aujourd’hui présenté comme l’un des leaders de la Coalition des patriotes pour le changement (CPC) en exil à N’Djamena, au Tchad. Ils dénoncent notamment un supposé appel à la mobilisation ciblant exclusivement la communauté Gbaya de Bossangoa dans une perspective de déstabilisation des institutions républicaines.

Dans une déclaration rendue publique ce jeudi 19 février 2026 à Bangui, Kevin Sosthène Kpefio, ressortissant de Bossangoa et ancien responsable politique du KNK, qualifie cet appel de « dérive grave et irresponsable », estimant qu’il ne relève ni d’un débat démocratique ni d’une opposition politique légitime.

Selon Kevin qui était entouré des leaders de Bossangoa, dont Guerson Nganadekoï, une mobilisation fondée sur des considérations ethniques constitue une instrumentalisation dangereuse de l’identité communautaire à des fins politiques.

Ces leaders de Bossangoa rappellent que l’histoire récente de la République centrafricaine a démontré que la politisation de l’ethnie a souvent été un facteur de divisions, de violences et de régression sociale. Ils soulignent le paradoxe d’un discours émanant d’acteurs politiques dont la gestion passée aurait, selon eux, affecté négativement les populations qu’ils prétendent aujourd’hui défendre.

La déclaration insiste sur le fait que la République repose sur des principes fondamentaux d’unité nationale, d’égalité des citoyens et de primauté de l’intérêt général sur les appartenances particulières. Toute initiative visant à opposer les citoyens sur des bases communautaires serait ainsi contraire à l’esprit républicain et mettrait en péril la cohésion nationale.

Les ressortissants de Bossangoa réaffirment leur attachement à la paix, à la stabilité institutionnelle et au développement, tout en appelant les populations à ne pas céder à des « aventures politiques hasardeuses ». Ils encouragent les citoyens à privilégier le dialogue démocratique, le respect des institutions et la participation constructive au processus politique.

La déclaration exprime également un soutien aux initiatives de paix et de sécurité portées par le président de la République, Faustin Archange Touadéra, tout en exhortant les autorités compétentes à lutter contre tout discours à caractère communautaire susceptible de fragiliser la cohésion sociale.

Au-delà de la dénonciation politique, les auteurs rendent hommage aux figures historiques et aux ancêtres de Bossangoa, soulignant que la ville s’est construite sur la coexistence harmonieuse de plusieurs communautés. Ils rappellent que le peuple gbaya constitue un groupe important réparti sur l’ensemble du territoire national et ne saurait être réduit à une seule localité.

Enfin, ils appellent les filles et fils de Bossangoa, sans distinction ethnique ni politique, à dépasser les divisions du passé pour construire une ville stable, prospère et tournée vers l’avenir, estimant que le véritable développement repose sur l’éducation, la sécurité, la bonne gouvernance et la mobilisation collective autour de projets concrets.

« L’avenir de Bossangoa ne se construira ni dans la division, ni dans l’exploitation du passé, mais dans un engagement collectif en faveur de la paix, de la justice et du progrès pour tous », conclut la déclaration.