RCA: la plateforme des confessions religieuses appelle à la paix face aux violences dans le Haut-Mbomou

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Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique (PCRC) @crédit photo Marly Pala

Par Marly Pala
Bangui 25 février 2026 — (Ndjoni Sango): La préfecture du Haut-Mbomou, dans le sud-est de la République centrafricaine, connaît depuis plusieurs semaines une dégradation de la situation sécuritaire marquée par des violences intercommunautaires et des déplacements massifs de populations.

Face à cette crise, la Plateforme des Confessions Religieuses de Centrafrique (PCRC) a conduit une mission de paix dans les localités affectées afin de promouvoir la cohésion sociale et le dialogue communautaire.

Lors d’un point de presse tenu ce mercredi au Centre Jean XXIII à Bangui, l’Apôtre Nicolas Guerekoyané Gbangou, l’un des responsables de la PCRC, a dressé un tableau préoccupant de la situation humanitaire et sécuritaire dans la région.

Selon lui, malgré les dispositifs mis en place par le gouvernement avec l’appui de la MINUSCA et de partenaires internationaux, dont des alliés russes, les violences persistent et affectent gravement les populations civiles.

Plusieurs habitants ont fui vers des pays voisins, notamment le Soudan du Sud et la République démocratique du Congo, tandis que d’autres vivent dans une peur constante.

À Zémio, une partie importante de la population ainsi que certaines autorités locales auraient trouvé refuge de l’autre côté de la frontière, paralysant l’administration et les services sociaux, notamment les écoles. Des témoignages font également état de violences contre des femmes, d’attaques d’infrastructures sanitaires et de menaces visant les jeunes.

À Obo, chef-lieu de la préfecture, la population vivrait dans une insécurité permanente, au point que de nombreuses familles passeraient la nuit dans la brousse pour éviter des incursions nocturnes. La PCRC évoque également des risques humanitaires majeurs, dont une possible crise alimentaire et une « année blanche » scolaire si la situation perdure.

« La paix dans le Haut-Mbomou est encore possible. Elle exige l’engagement de tous : autorités, leaders communautaires, forces de sécurité, jeunes, femmes et partenaires internationaux », a insisté Nicolas Guerekoyané Gbangou, appelant à rejeter les discours de haine et toute manipulation communautaire au profit de la solidarité et du dialogue.

Région historiquement marquée par la présence de groupes armés depuis la crise de 2013, le Haut-Mbomou demeure l’un des foyers de tensions persistantes en Centrafrique. Pour les leaders religieux, une mobilisation collective et des actions concrètes restent indispensables pour permettre aux populations de retrouver la sécurité et la quiétude.