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RCA: une adolescente meurt après un avortement clandestin au quartier Cité Jean XXIII

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Une vue du centre ville de Bangui@Photo Erick Ngaba

Par Jolidon Josiana TCHECKOE

Bangui 11 mars 2026–(Ndjoni Sango): Une adolescente de 17 ans a perdu la vie le dimanche 8 mars 2026 au quartier Cité Jean XXIII, à la suite d’un avortement clandestin. Ce drame relance le débat sur les dangers des pratiques d’avortement non médicalisées en République centrafricaine.

Selon des témoignages recueillis auprès de proches de la victime, la jeune fille cherchait depuis plusieurs jours un moyen de mettre fin à une grossesse non désirée. Faute d’accompagnement médical approprié, elle aurait eu recours à des méthodes traditionnelles dangereuses, notamment l’utilisation de substances artisanales mélangées à de l’eau chaude.

Une amie proche de la victime, Jasmine, explique avoir tenté de la dissuader sans succès. « Depuis trois jours, elle me demandait si je connaissais un remède pour détruire une grossesse. Je lui ai dit que je ne savais rien et je lui donnais souvent des conseils, mais elle ne voulait pas m’écouter. J’ai été très triste quand j’ai appris la nouvelle. Elle était comme une sœur pour moi », a-t-elle confié.

Pour les professionnels de santé, ce drame illustre un problème de santé publique préoccupant. Le professeur Richard Norbert Ngablé rappelle que les avortements clandestins représentent l’une des principales causes de mortalité féminine dans le pays.

Selon lui, ces pratiques se déroulent souvent dans des conditions précaires et dangereuses, parfois même en dehors des structures médicales appropriées.

« L’avortement clandestin est la deuxième cause de mortalité des femmes dans notre pays. Beaucoup de personnes l’ignorent. Les interventions réalisées dans les quartiers, même par des personnes ayant des connaissances médicales, se font souvent avec des méthodes archaïques qui mettent gravement la vie des femmes en danger », a-t-il expliqué.

Face à cette situation, les spécialistes de la santé appellent à renforcer les stratégies de prévention des grossesses non désirées. Cela passe notamment par une meilleure éducation des jeunes sur la santé sexuelle et reproductive, l’accès à l’information et aux services spécialisés.

Plusieurs organisations et structures, telles que Médecins Sans Frontières et l’Association centrafricaine pour le bien-être familial, mènent déjà des actions de sensibilisation et d’accompagnement dans ce domaine.

Ce drame rappelle ainsi l’importance de sensibiliser davantage les jeunes filles et les femmes aux risques liés aux avortements clandestins, afin d’éviter d’autres pertes en vies humaines.