
Par Alfred RONYS YEMETCHIPA
Bangui, 26 mars 2026 – (Ndjoni Sango) : En République centrafricaine, l’éducation demeure un chantier prioritaire. Malgré les efforts consentis ces dernières années, le système éducatif continue de faire face à de nombreux défis structurels. Dans ce contexte, la vision du père fondateur, Barthélémy Boganda, centrée sur l’impératif « d’instruire », résonne aujourd’hui avec une acuité particulière.
Dès les premières heures de la construction nationale, à l’aube de l’indépendance, Barthélémy Boganda avait posé les bases d’un projet ambitieux reposant sur cinq piliers essentiels : nourrir, instruire, soigner, loger et vêtir. Parmi ces priorités, l’éducation occupait une place stratégique, perçue comme le socle du développement et de l’émancipation du peuple centrafricain.
Dans la pensée de Boganda, instruire ne se limite pas à la transmission de connaissances. Il s’agit avant tout de former des citoyens éclairés, capables de participer activement à la vie économique, sociale et politique de leur pays. Une vision profondément moderne, qui demeure en phase avec les exigences actuelles de développement.
Cependant, après des décennies marquées par des crises militaro-politiques, le système éducatif centrafricain révèle encore de nombreuses fragilités. Le manque d’infrastructures adéquates, les salles de classe surchargées et le déficit d’enseignants qualifiés figurent parmi les principaux obstacles. Dans certaines localités, un seul enseignant est confronté à un effectif pléthorique, rendant difficile la transmission des savoirs. Le recours à des enseignants non qualifiés, notamment en zones rurales, reste également une réalité préoccupante.
Pour de nombreux observateurs, l’éducation apparaît comme un levier essentiel de reconstruction nationale. Elle contribue non seulement à réduire les inégalités, mais aussi à renforcer la cohésion sociale et à prévenir les conflits. Une jeunesse instruite, consciente de ses droits et de ses responsabilités, constitue ainsi un atout stratégique pour l’avenir du pays. Cette ambition s’inscrit pleinement dans la pensée de Barthélémy Boganda, pour qui l’unité et le progrès reposent sur un peuple éduqué.
Face à ces défis, plusieurs pistes sont à consolider : le renforcement de la formation des enseignants, l’amélioration des infrastructures scolaires, ainsi que la garantie d’un accès équitable à l’éducation pour tous, en particulier pour les filles.
Plus de six décennies après sa disparition, la vision de Barthélémy Boganda continue d’éclairer les débats sur l’avenir de l’éducation en République centrafricaine. Sa mise en œuvre effective pourrait constituer un levier déterminant pour relever les défis actuels et bâtir une nation plus juste, instruite et prospère.








































