Par Erick NGABA
Bangui 27 Mars 2026—(Ndjoni Sango) : La position exprimée par la République tchèque en faveur du plan d’autonomie marocain pour le Sahara marque une évolution significative dans les équilibres diplomatiques européens autour de ce dossier sensible. À l’issue d’une rencontre à Rabat entre Nasser Bourita et son homologue tchèque Petr Macinka, Prague a affirmé que « une véritable autonomie sous souveraineté marocaine constitue la solution la plus réalisable » à ce différend régional de longue date.
En s’alignant sur cette approche, la République tchèque rejoint un nombre croissant de pays européens qui considèrent l’initiative marocaine de 2007 comme une base crédible de règlement. Cette évolution s’inscrit dans un contexte où plusieurs capitales européennes privilégient désormais des solutions pragmatiques, face à l’enlisement du processus onusien.
Le soutien explicite à la résolution 2797 (2025) du Conseil de sécurité des Nations Unies renforce cette orientation. Prague souligne ainsi la nécessité d’une solution « politique, réaliste et mutuellement acceptable », reprenant les termes clés de la diplomatie marocaine.
Une traduction concrète sur le terrain
Au-delà de la déclaration politique, la République tchèque entend donner un contenu opérationnel à sa position. L’annonce d’une visite prochaine de son ambassadeur dans les provinces du Sud, ainsi que la préparation de missions d’entrepreneurs tchèques, traduit une volonté de s’inscrire dans la dynamique de développement économique impulsée par Rabat dans la région.
Autre signal fort : l’extension de la couverture consulaire de l’ambassade tchèque à Rabat au Sahara. Cette décision, à portée symbolique et juridique, s’aligne sur la reconnaissance implicite de l’intégrité territoriale du Maroc, et conforte la stratégie marocaine de consolidation de ses partenariats internationaux dans ces territoires.
Cette prise de position dépasse le cadre bilatéral. Elle intervient dans un contexte de recomposition des alliances, où le dossier du Sahara devient un marqueur des rapports de force entre puissances régionales et internationales.
Pour Rabat, chaque nouveau soutien européen renforce sa légitimité diplomatique face aux thèses défendues par le Front Polisario et ses soutiens. Pour l’Union européenne, ces positions différenciées traduisent une certaine fragmentation, mais aussi une adaptation progressive aux réalités géopolitiques du terrain.
Le rôle central des Nations Unies
Malgré ces évolutions, les deux parties réaffirment leur attachement au processus politique mené sous l’égide des Nations Unies. Le soutien renouvelé à l’Envoyé personnel du Secrétaire général souligne que toute solution durable devra s’inscrire dans un cadre multilatéral reconnu.
Cependant, en qualifiant explicitement le plan marocain de « base la plus appropriée », Prague contribue à orienter le débat international vers une issue fondée sur l’autonomie plutôt que sur d’autres options, jugées de moins en moins réalistes.
La déclaration conjointe maroco-tchèque illustre ainsi une tendance de fond. Le glissement progressif d’une partie de la communauté internationale vers une reconnaissance de facto de la souveraineté marocaine sur le Sahara, à travers le prisme de l’autonomie.
Dans un dossier longtemps figé, chaque prise de position de ce type participe à redessiner les lignes diplomatiques, rapprochant progressivement la perspective d’une solution politique, tout en accentuant les clivages entre les différents acteurs impliqués.










































