Par Jolidon Josiana TCHECKOE
Bangui 13 avril 2026 — (Ndjoni Sango) : Dans l’exercice du métier de journaliste, la plume constitue un outil essentiel au service de l’information du public, fondé sur la vérification des faits et le respect de l’éthique. Pourtant, en République centrafricaine, une dérive préoccupante se fait de plus en plus observer : l’utilisation des réseaux sociaux comme tribune pour des règlements de comptes personnels, sous couvert de journalisme.
Aujourd’hui, de nombreuses personnes s’improvisent journalistes en publiant des contenus souvent dépourvus de rigueur professionnelle. Entre accusations infondées, propos diffamatoires et attaques personnelles, certaines publications s’éloignent des principes fondamentaux de la profession pour servir des intérêts particuliers, au détriment de l’intérêt général.
Cette situation suscite l’inquiétude de plusieurs observateurs, qui dénoncent une banalisation de pratiques contraires à l’éthique et à la déontologie journalistique. Si le rôle des médias est aussi de dénoncer les abus et d’interpeller les autorités, cette mission ne saurait être détournée à des fins de vengeance personnelle ou de pression financière.
En effet, certains acteurs du secteur médiatique sont accusés d’utiliser leur plume pour discréditer des personnalités publiques ou des institutions, notamment lorsque ces dernières refusent de leur accorder un soutien financier. Une pratique qui, si elle est avérée, contribue à ternir l’image de la profession et à fragiliser la confiance du public envers les médias.
Par ailleurs, la propagation de rumeurs et les campagnes de dénigrement sur les réseaux sociaux peuvent avoir des conséquences graves, alimentant les tensions sociales et attisant la haine. Dans certains cas, les jeunes sont instrumentalisés pour relayer ou amplifier ces messages, accentuant ainsi les divisions au sein de la société.
Autre préoccupation soulevée, la faible publication des droits de réponse, pourtant essentielle pour garantir l’équilibre de l’information et permettre aux personnes mises en cause de se défendre. Ce manquement renforce le sentiment d’injustice et contribue à la désinformation.
Face à ces dérives, plusieurs voix appellent à un sursaut de responsabilité de la part des professionnels des médias, mais aussi à un encadrement plus rigoureux de l’espace numérique. Le respect des règles éthiques, la vérification des sources et la recherche de l’équilibre doivent rester les piliers d’un journalisme crédible et au service de la vérité.










































