Par Naomie BENGUE
Bangui 24 février 2025 – (Ndjoni Sango) : Le monde entier a célébré, vendredi dernier, la Journée Internationale de la langue maternelle, une occasion de mettre en lumière la richesse des langues et cultures qui façonnent l’identité de chaque individu. En République Centrafricaine, cette journée revêt une importance particulière, car elle invite à réfléchir sur la diversité linguistique et l’importance de préserver les langues maternelles comme piliers fondamentaux de notre patrimoine culturel.
Dans un pays où plus de 80 langues sont parlées, la République Centrafricaine est un véritable carrefour linguistique. Le sango, langue nationale, est largement utilisé au quotidien, mais de nombreuses communautés continuent de parler leurs langues maternelles, qu’il s’agisse du Banda, du Gbaya, du Ngbaka, ou encore du Mbum. Chaque langue raconte l’histoire d’un peuple, de ses coutumes, de ses croyances et de ses traditions.
La Journée Internationale de la Langue Maternelle, instaurée par l’UNESCO en 1999, vise à promouvoir la diversité linguistique et à sensibiliser sur l’importance de l’éducation multilingue.
En Centrafrique, la langue maternelle est non seulement un vecteur de communication, mais aussi un instrument précieux de transmission des savoirs traditionnels. « Chaque langue est un trésor qui doit être préservé pour que nos enfants et les générations futures puissent comprendre et valoriser notre histoire », explique l’enseignant et linguiste centrafricain, Léon Mboli.
Cependant, de nombreuses langues maternelles sont en danger, menacées par la mondialisation et l’uniformisation des pratiques linguistiques, notamment avec la domination croissante du français et de l’anglais dans les écoles et les institutions publiques. De ce fait, la transmission de ces langues au sein des familles devient une priorité pour maintenir cette richesse culturelle vivante.
L’une des clés pour protéger et promouvoir les langues maternelles est l’éducation. De plus en plus de projets éducatifs en Centrafrique intègrent les langues locales dans les programmes scolaires, offrant aux élèves une éducation bilingue qui respecte leurs racines culturelles tout en les préparant à un monde globalisé. Ces initiatives visent à renforcer la confiance en soi des jeunes et à encourager un meilleur engagement avec leur héritage culturel.
« En apprenant et en parlant notre langue maternelle, les élèves comprennent mieux qui ils sont et d’où ils viennent. C’est un moyen de renforcer le lien entre les générations », souligne Amina Koumba, directrice d’une école primaire à Bangui.
La célébration de cette journée est aussi un appel à la coopération entre les autorités, les éducateurs, les linguistes et la société civile pour mettre en place des politiques efficaces de préservation des langues maternelles. En tant que nation, il est essentiel de cultiver et d’encourager la diversité linguistique comme un atout et un vecteur d’unité dans la diversité.
Ainsi, en cette Journée Internationale de la Langue Maternelle, la République Centrafricaine se réjouit de la diversité linguistique qui fait sa richesse et engage une réflexion sur les moyens de garantir que ses langues, porteuses de mémoire et de valeurs, continuent de prospérer pour les générations à venir.