RCA: les leaders politiques appelés à dépasser les querelles personnelles

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Les leaders politiques et socioreligieux en concertation à Rome

Par Alfred Ronys Yemetchipa
Bangui 14 janvier 2026 – (Ndjoni Sango) : La République centrafricaine semble aujourd’hui prise en otage par une classe politique incapable de s’élever au-dessus de ses querelles personnelles. Tandis que le peuple lutte quotidiennement pour sa survie, certains leaders politiques s’enlisent dans des combats d’ego, des règlements de comptes interminables et des stratégies de sabotage mutuel.

Cette attitude ne relève plus d’une simple erreur politique, mais constitue désormais une faute grave à l’égard de la nation.

Il faut le dire sans détour : les querelles personnelles des responsables politiques coûtent cher au pays. Elles paralysent les institutions, empoisonnent le climat politique et retardent toute perspective de développement durable. Chaque discours haineux, chaque polémique inutile et chaque attaque personnelle éloignent un peu plus la Centrafrique de la paix et de la stabilité tant espérées par la population.

Alors que le pays fait face à une insécurité persistante, à une pauvreté extrême, ainsi qu’à des systèmes éducatif et sanitaire en grande souffrance, les citoyens assistent, impuissants, à un spectacle politique indigne. Les leaders se battent pour des postes, des privilèges et une reconnaissance personnelle, pendant que les véritables problèmes du peuple restent sans réponse. Cette déconnexion flagrante constitue une trahison des responsabilités confiées par le peuple souverain.

En principe, la politique ne devrait jamais être un terrain de vengeance personnelle. Pourtant, en République centrafricaine, elle est trop souvent réduite à une guerre d’ego où l’objectif n’est plus de construire, mais de nuire à l’adversaire. Cette logique destructrice affaiblit l’État et nourrit les divisions qui ont déjà plongé le pays dans le chaos par le passé. Ceux qui refusent de tirer les leçons de l’histoire portent aujourd’hui une lourde responsabilité.

Il est inadmissible que des ambitions personnelles priment sur l’intérêt supérieur de la nation. Les leaders qui se réclament du patriotisme doivent le démontrer par leurs actes et non par des discours creux. Gouverner ou s’opposer exige de la hauteur, du sens de l’État et la capacité de placer la Centrafrique au-dessus de soi-même. À défaut, ces dirigeants n’ont aucune légitimité morale pour prétendre incarner l’avenir du pays.

Il convient de préciser que cette interpellation s’adresse aussi bien à la majorité qu’à l’opposition. Aucun camp ne peut se réfugier derrière des justifications politiques pour masquer son incapacité à rassembler.

La paix et la réconciliation nationale ne se construiront ni dans la haine, ni dans la provocation permanente, encore moins dans la manipulation de l’opinion publique. Le peuple n’a plus besoin de politiciens querelleurs, mais de dirigeants responsables.

Enfin, la jeunesse centrafricaine, sacrifiée depuis trop longtemps, observe avec colère et amertume ces rivalités stériles. L’histoire retiendra les noms de ceux qui auront eu le courage de dépasser leurs querelles pour servir la nation. En revanche, elle n’épargnera pas ceux qui auront contribué à son affaiblissement. La République centrafricaine mérite mieux que des leaders prisonniers de leurs egos.