Par Erick NGABA
Bangui 17 janvier 2026—(Ndjoni Sango): La Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2025, organisée au Maroc, restera comme bien plus qu’un simple rendez-vous sportif. À l’issue d’un mois de compétition intense, marqué par une ferveur populaire exceptionnelle et une organisation saluée unanimement, le Royaume chérifien s’impose comme une puissance sportive, diplomatique et organisationnelle majeure sur le continent africain et au-delà.
Derrière le succès de cette CAN se dessine une stratégie de long terme portée par le Roi Mohammed VI, qui a fait du sport, et particulièrement du football, un véritable outil de soft power, au service du rayonnement international du Maroc.
Des stades flambant neufs aux infrastructures de transport performantes, en passant par l’hôtellerie, la sécurité et la gouvernance événementielle, la CAN 2025 a offert au monde l’image d’un Maroc moderne, structuré et capable de répondre aux plus hauts standards internationaux. Les villes hôtes – Rabat, Casablanca, Tanger, Marrakech, Fès – ont démontré une capacité logistique et organisationnelle rarement atteinte sur le continent.
Cette réussite n’est pas le fruit du hasard. Elle s’inscrit dans une politique de modernisation engagée depuis le début des années 2000, fondée sur des investissements massifs, une stabilité institutionnelle assumée et une vision stratégique claire.
Au-delà des performances sportives, la CAN 2025 s’est imposée comme un moment diplomatique fort. En accueillant des délégations venues de toute l’Afrique, y compris de pays avec lesquels les relations politiques sont tendues, le Maroc a démontré sa capacité à placer l’hospitalité et la coopération au-dessus des différends.
Dans un contexte régional parfois marqué par les rivalités, Rabat s’affirme comme un pivot entre l’Afrique, l’Europe et le monde arabe, capable de dialoguer avec tous les partenaires et de fédérer autour d’événements porteurs d’unité.
Un modèle sécuritaire scruté et salué
La réussite de la CAN 2025 repose également sur un dispositif sécuritaire impressionnant et efficace. Aucun incident majeur n’a été signalé au cours des 51 matchs disputés, un fait notable pour un événement d’une telle ampleur.
Déploiement de milliers d’agents, vidéosurveillance, filtrages multiples, drones, tribunaux mobiles dans les stades, le Maroc a mis en œuvre une doctrine sécuritaire complète, mêlant prévention, dissuasion et répression ciblée. Un modèle qui a attiré l’attention d’acteurs internationaux, dont le FBI, venu observer le dispositif en amont de la Coupe du monde.
Cette maîtrise renforce la crédibilité du Royaume à l’approche de la Coupe du monde 2030, qu’il coorganisera avec l’Espagne et le Portugal.
La CAN 2025 confirme que le football est devenu au Maroc un instrument de politique publique, un vecteur de cohésion nationale et un accélérateur d’influence internationale. Elle met également en lumière les nouveaux attributs de la puissance au XXIᵉ siècle : crédibilité institutionnelle, capacité d’exécution, stabilité et vision stratégique.
À l’heure où le Royaume bat des records touristiques, s’impose comme premier exportateur automobile d’Afrique et multiplie les investissements sur le continent, la réussite de cette CAN apparaît comme une synthèse éclatante de sa trajectoire.
Plus qu’un tournoi, la CAN 2025 aura été une démonstration : celle d’un Maroc qui ne se contente plus de participer, mais qui organise, influence et inspire. Sous l’impulsion de Mohammed VI, le football est devenu un langage diplomatique à part entière, et Rabat, un acteur central de la géopolitique du sport africain et mondial.




































