RCA: À Bouar, la situation des jeunes filles demeure préoccupante

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Centrafrique-Bouar-Ndjoni-Sango
Monument de la paix à Bouar symbolisant la région de la Nana-Mambéré @photo Erick Ngaba

Par Jolidon Josiana TCHECKOE
Bangui 29 janvier 2026—(Ndjoni Sango): Le mariage précoce des jeunes filles dans la préfecture de la Nana-Mambéré devient un phénomène de plus en plus préoccupant, compromettant gravement leur droit à l’éducation et leur avenir.

Dans plusieurs localités de cette région, de nombreuses jeunes filles en âge scolaire se retrouvent engagées dans des unions précoces, parfois par consentement, mais le plus souvent sous la pression ou l’obligation imposée par leurs parents.

Depuis près de quatre ans, cette pratique prend de l’ampleur. Des adolescentes qui devraient être sur les bancs de l’école se retrouvent dans des foyers conjugaux, tandis que d’autres tombent enceintes très tôt, souvent sans véritable encadrement, ce qui les conduit à abandonner définitivement le chemin de l’école.

Selon Théodore Kordé, instituteur à l’école Lokoti-Bangui dans le secteur scolaire de Bouar 2, la situation est particulièrement alarmante cette année.

« Nous avons constaté une faible participation des élèves, surtout des filles. Lors de nos différentes actions de sensibilisation, il ressort que beaucoup d’entre elles ont été données en mariage forcé par leurs parents. Malgré cela, nous ne baissons pas les bras et poursuivons la sensibilisation afin de conscientiser les parents et renverser cette tendance », a-t-il déploré.

Cette situation suscite une vive inquiétude au sein de la communauté éducative et de la société civile. Aujourd’hui, il est largement reconnu que les filles et les femmes constituent un pilier essentiel du développement d’un pays. Pourtant, lorsque les jeunes filles sont contraintes au mariage dès le bas âge, leur avenir, tout comme celui de la nation, se trouve compromis.

Comme le rappelle un adage bien connu : «éduquer une fille, c’est éduquer toute une nation». Face à cette réalité, les acteurs locaux appellent à un engagement renforcé des autorités, des leaders communautaires et des parents afin de protéger les droits des jeunes filles et de garantir leur accès à l’éducation.