Centrafrique : la Minusca se livre au trafic de l’or et diamant dans la Nana-Bakassa

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Les casques bleus de la Minusca à Bangui/@Eric Ngaba

Ndjoni Sango (Bangui 14/07/16) :

Par Eric NGABA

« Le malheur des uns fait le bonheur des autres « , dit un proverbe français. C’est ainsi que les évènements malheureux pour les Centrafricains sont favorables à ceux qui viennent en République Centrafricaine au nom de l’humanitaire. Les cas flagrants des éléments de la Mission onusienne en RCA (MINUSCA), notamment le contingent camerounais qui se livrent aux commerces des denrées alimentaires, y compris l’or et de diamant, en toute violation du mandat des Nations Unies, en sont une illustration.

Ce n’est plus un secret pour personne, cas par cas, les soldats de la Minusca cherchent à se remplir les poches à travers les trafics des produits alimentaires importés et exportés. Selon des informations recueillies des sources concordantes, le contingent camerounais de la Minusca se livre au commerce depuis un bon bout de temps. Le député de la première circonscription de la Nana-Bakassa, Roland Achille Bangué-Betangaye a révélé que le contingent camerounais déployé au sein de la Minusca se livre depuis longtemps à des commerces des denrées alimentaires au nord de la République Centrafricaine. La bière et d’autres boissons alcoolisées, le gas-oil, le sel,  l’huile, le trafic de diamant centrafricain sont entre autres le commerce auquel se livre le contingent camerounais dans la partie nord de la République Centrafricaine.

« Descendez à Bossagoa, vous achèterez la bière camerounaise à 1000f cfa alors que cette bière est vendue à Bangui la capitale à 1800 et 2000f CFA. A Bossangoa le contingent camerounais ne fait qu’importer illicitement la bière pour la vendre en Centrafrique. Le gasoil se vent à Bossangoa, le bidon de 20 litre à 12.000f cfa et c’est le contingent camerounais qui le met sur le marché. A Nana-Bakassa, le contingent camerounais a ouvert un lieu de vente de boisson alcoolisée dans l’enceinte même de son camp. C’est là où les gens viennent s’abreuver. Et ce contingent est là comme étant le premier acheteur de l’or et diamant au niveau de Nana-Bakassa  » a intimé le député de la Nana-Bakassa, Roland Achille Bangué-Betangaye dans une interview sur les ondes de la radio nationale, avant de déplorer que la communauté internationale est en Centrafrique pour appuyer le peuple centrafricain dans la sortie de crise et non de se livrer aux commerces des denrées alimentaires, à l’achat de l’or et diamant dans le pays en proie au conflits des groupes armés.

Pour ce faire, le député de la Nana-Bakassa, par ailleurs Vice-président de la commission loi à l’Assemblée nationale, interpelle le peuple centrafricain à se mobiliser pour soutenir le gouvernement afin de résoudre le problème sécurité dans le pays, et la communauté internationale d’honorer sa mission dans le pays.

« Je demande à tous les Centrafricains de soutenir le gouvernement pour prendre à bras le corps la question de la sécurité car trop de sangs ont coulé pour rien dans ce pays. L’heure est venue pour que les Centrafricains dans leur diversité puissent travailler âprement pour le développement de leur  chère nation », a-t-il martelé.

Le bataillon camerounais de la Minusca est déployé depuis le début de la crise dans le nord de la République Centrafricaine pour assurer la protection de la population contre les attaques des groupes armés. Mais le constat est que ce bataillon pèche dans l’eau trouble en se livrant aux commerces que l’on ne cesse de déplorer. Le cas bataillon camerounais est un échantillon car beaucoup sont les contingents de la Minusca et également les soldats français de l’opération Sangaris à se livrer au commerce de denrée alimentaire et trafic de l’or et diamant dans les différentes zones de Centrafrique où ils sont basés.

Dans une enquête menée par notre rédaction, nous sommes tombés sur un réseau de vente des rations alimentaires des forces internationales à Bangui. La ruelle de la résidence de l’ex président centrafricain, le feu Ange Félix Patassé en face de l’Hôtel Ledger Plazza de Bangui, sert d’un coin de vente de rations alimentaires des soldats de la Minusca aux jeunes vendeurs ambulants de la capitale.

« Nous sommes en contact permanent avec les éléments de la Minusca qui viennent nous retrouver en ce coin pour nous vendre les rations alimentaires et c’est au bas prix qu’ils nous vendent ces produits. Chaque fois qu’il y a l’occasion, on se retrouve en ce lieu pour la livraison de produits que nous revendons sur les marchés « , nous a confié un des jeunes vendeurs à la sauvette, sous l’emprise d’anonymat, après une livraison à notre présence dans le coin à proximité de la maison de la Presse et des Journalistes (MPJ).

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Les soldats de la Minusca à Bangui/@Eric Ngaba

Par ailleurs, des informations provenant des sources locales des villes de Bambari, Birao, Ndele, Kaga-Bandoro, les forces internationales basées dans les localités citées, font des trafics de l’or et de diamant avec les groupes rebelles qui contrôles les zones diamantifères du pays au vu et su de tous. Ce qui fait que la pacification du pays a du plomb dans l’aile. Les hommes armés se promènent avec leurs armés sans être inquiétés par les forces internationales qui les laissent faire. L’exécution du mandat de l’ONU demeure une équation que les autorités centrafricaines doivent étudier.

Lors de sa visite à Bangui, le Secrétaire d’Etat français chargé du Développement et de la Francophonie André Vallini somme la Minusca d’appliquer son mandat pour désarmer les groupes armés et d’assurer la sécurité du pays en sa charge. Dans le même ordre d’idée, le président du Bureau Afrique de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme (FIDH), Florent Geel demande à la Minusca de jouer pleinement son rôle dans la pacification de Centrafrique permettant de réduire les graves violations des droits de l’hommes dans le pays.

Alors, si les forces internationales en Centrafrique brillent dans le trafic illicite de l’or et de diamant, aux actes d’exploitation et abus sexuel, la stabilisation du pays est encore loin d’être une réalité.

Eric NGABA

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PER DIMANCHE
PER DIMANCHE
6 années il y a

je pense qu’il s’agit là d’une triste réalité que les élus du peuple doivent s’en saisir formellement et surtout interpeller les principaux responsables de la MINUSCA et du Gouvernement lors d’une plénière ouverte au public avec notamment tout le corps diplomatique présent car trop c’est trop. En réalité, la MINUSCA veut s’enrichir et non protéger les populations civiles comme définis dans leur mandat: les morts c’est pour nous et non pour eux. pour ce faire, il distribue les armes et minutions aux sélékas et autres bandes armées pour commettre des forfaits et donc faciliter la justification de leur présence en… Lire la suite »

Bienvenu Maxime ZALA
Bienvenu Maxime ZALA
6 années il y a

Mais si toi député tu ne réagis pas tu veux? il faut prendre le devant comme ça les autres vont te suivre tu te permets de crier e sans réagir qui est bête

Timbin
Timbin
6 années il y a

La réalité qu’il faut voir, c’est que le Ministre de la Défense fait trainer le dossier des Facas et la levée de l’embargo dans l’espoir que le Gouvernement Français maintien les troupes Sangaris en Centre Afrique, et ainsi la RCA reste toujours sous la tutelle de la France. Il circule ici et là des bruits de la mise en scène de la prise d’otage des 6 policiers par les bandes armées. Alors que conjointement le Ministre de la sécurité intérieure J.S.Bokassa et celui de la Défense Nationale J.Yaketé ont simulés une mise en scène médiatique afin de prévenir le Gouvernement… Lire la suite »