Par Erick NGABA
Bangui 14 avril 2026—(Ndjoni Sango) : La désignation de Rabat comme « Capitale mondiale du livre 2026 » par UNESCO dépasse le simple cadre culturel, car elle s’inscrit dans une stratégie plus large du Maroc visant à renforcer son rayonnement international à travers la diplomatie culturelle.
Sous le haut patronage du Roi Mohammed VI, le lancement officiel de cette année exceptionnelle, prévu le 24 avril, coïncide avec la 31ᵉ édition du Salon international de l’Édition et du Livre prévue du 1er au 10 mai prochan. Ce calendrier n’est pas anodin. Il positionne Rabat comme une plateforme d’échanges intellectuels et culturels à l’échelle mondiale.
À travers cet événement, le Maroc affirme sa volonté de faire du livre un outil d’influence et de dialogue entre les nations. La participation de 890 exposants issus de 60 pays, ainsi que la présence de centaines d’écrivains et de penseurs, illustrent cette ambition d’ouverture et de coopération culturelle.
Le choix de France comme invitée d’honneur du SIEL 2026 traduit également la solidité des liens culturels entre Rabat et ses partenaires internationaux, tout en offrant un espace de dialogue autour des enjeux contemporains de la francophonie et des industries créatives.
Au-delà des salons et des conférences, le programme mis en place par les autorités marocaines s’inscrit dans une logique d’inclusion et de soft power. En déployant 342 activités dans des lieux non conventionnels, hôpitaux, centres sociaux, transports publics, Rabat entend démocratiser l’accès au livre tout en projetant une image d’un pays engagé en faveur du savoir et de l’éducation.
L’hommage rendu à Ibn Battuta, figure emblématique de l’ouverture sur le monde, renforce cette dimension symbolique. En mettant à l’honneur la littérature de voyage, le Maroc célèbre son héritage historique tout en valorisant les échanges interculturels.
Depuis plusieurs années, Rabat s’impose progressivement comme un hub culturel africain et méditerranéen. Cette reconnaissance internationale vient consolider une politique culturelle proactive, qui fait du patrimoine immatériel et des industries créatives des leviers d’influence diplomatique.
En rejoignant le cercle des villes distinguées par l’UNESCO, après Rio de Janeiro en 2025, Rabat ne se contente pas d’accueillir un événement culturel majeur : elle incarne une vision stratégique où la culture devient un instrument de projection, de coopération et de prestige sur la scène internationale.
À travers cette année dédiée au livre, le Maroc confirme ainsi que la diplomatie culturelle constitue l’un des piliers de son positionnement global, au croisement de l’Afrique, du monde arabe et de l’Europe.







































